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Publié par Saoudi Abdelaziz

Après l’annonce par le premier ministre de l’ouverture au privé, pourquoi  ne pas commencer par instaurer dans les chaînes publique et sans attendre un pluralisme effectif et une profonde réforme des programmes, s’interroge ce matin LaouariSliman, le chroniqueur du quotidien Le Temps d’Algérie.

 

 

 

 

 

 

Point net

 

 

Le ciel n'a pas suffi, ouvrons le champ !

Quand le Premier ministre annonçait triomphalement l'ouverture des «médias lourds» dans les travées de l'assemblée nationale, il n'y avait aucune raison de ne pas le croire. D'abord, parce qu'il est… Premier ministre. Ensuite, parce que, quel que soit ce qu'on peut lui reprocher, il n'a pas la réputation d'être un plaisantin.

 Enfin, et plus sérieusement, dans un contexte pareil, l'opinion publique est en droit d'espérer que l'ouverture des «médias lourds», l'audiovisuel particulièrement, serait «la moindre des choses». Ne serait-ce que pour donner un gage sérieux de l'existence réelle d'une volonté politique de changement, une telle «révolution» est non seulement une nécessité, mais l'indice le plus palpable de la fin d'une époque.

A commencer par un coup de pied dans la fourmilière ENTV. M. Ouyahia aurait pu faire son annonce, tout de même importante, sur un plateau qui sent le détergent d'un premier nettoyage, il l'a fait au micro d'une télé brejnévienne. Eh oui, l'ENTV «sera» la télé publique et quels que soient les prochains investissements – professionnels ou politiques – dans l'audiovisuel, c'est vers le Boulevard des Martyrs que se tourneront d'abord les regards, parce que c'est là qu'ils sont censés trouver des relais à leur quotidien et à leurs choix de programmes.

Et c'est là qu'ils sont en droit de demander des comptes pour la raison évidente que c'est leur argent qui fait tourner la baraque. Si la volonté politique était si évidente, beaucoup d'Algériens auraient même souhaité que les choses commencent par là. Mais comme par la force des choses on nous a habitués à n'agir et ne réagir que dos au mur, nous avons fini par en faire une fatalité.

C'est Djezzy, puis Nedjma qui ont donné à l'Algérien lambda son premier téléphone mobile et «poussé» l'opérateur public à vouloir fonctionner comme une vraie entreprise et c'est la «menace» du privé qui a «contraint» l'Etusa à assurer un transport urbain assez correct à Alger, pour ne parler que des services qui ont survécu. Mais l'ENTV n'est pas une entreprise comme les autres, sinon elle aurait changé parce que ça fait longtemps qu'elle ne manque pas de concurrents.

On ne s'inquiète pas de l'ouverture d'un champ quand le ciel est béant. Si la concurrence pouvait suffire, l'ENTV aurait déjà changé. Ou disparu. Et si on commençait donc par là ? Par un Premier ministre face à la contradiction par exemple ?

Le Temps d'Algérie,  8 septembre 2011 laouarisliman@gmail.com

 

 

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