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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

lls sont en colère. Ils n’ont pas apprécié les résultats de la tripartite. Ils étaient plus de 500 syndicalistes rassemblés mercredi 5 octobre devant le siège de l’union locale UGTA de Rouïba pour le dire.

 

Pour eux, les résultats d’une tripartite n'ont eu qu'un seul bénéficiaire: le patronat. Ils annoncent la tenue prochaine d’un sit-in devant le siège de l’Ugta à Alger. Sous les fenêtres des "mauvais négociateurs". Du durcissement syndicaliste à base dans l’air de Rouïba. En octobre. Contre le gouvernement, bien sur. Mais contre la direction de l’Ugta également.

 

 C’est une mise en cause indirecte de la direction de l’Ugta, incarné par son secrétaire général, Sidi Saïd, dont les capacités de négociation s'avèrent presque nulles. En cause, les piètres résultats de la tripartite. Les syndicalistes ont le sentiment général d'avoir été floués par le gouvernement. Certains, en off", précisent: "avec l'aval de la direction de l'UGTA". Outre la modicité de l'augmentation consentie pour le salaire national minimum garanti (SNMG), les syndicalistes n’ont guère apprécié les atermoiements autour de l’art 87 bis pour lequel on a créé un « groupe de travail » pour ne "pas l’abroger purement et simplement". L’Art 87 bis de la loi relative aux relations de Travail stipule que les augmentations du salaire minimum ne concernent pas le seul salaire de base mais incluent les indemnités et les primes. Les hausses du SNMG sont de fait très limitées par cet article qui piège les bas salaires. « Sans la suppression de cette disposition aucune revalorisation des salaires n’est possible » ont-ils estimé.

 

Une tripartite "féconde" pour les "importateurs"

 

Dans une déclaration rendue publique à l'issue du regroupement, les syndicalistes de Rouïba soulignent que les résultats de la tripartite ont été  « une grande désillusion et une déconvenue pour les travailleurs actifs et les retraités (…) Les améliorations salariales suggérées en grande pompe ne sont en fait qu’un leurre dès lors que ce sont les cadres dirigeants des entreprises dont les salaires sont indexés sur le SNMG qui tirent le grand bénéficie ». Par contre, notent-ils, la tripartite a été « féconde » pour les patrons du secteur privé « grands importateurs de produits de consommation et grands absents des industries créatives qui auront vu leur cupidité largement récompensée ». Les syndicalistes de base de Rouïba se retrouvent sur la même longueur d’ondes que les syndicats autonomes, non représentés à la Tripartite, qui ont qualifié les résultats cette dernière de « mascarade et de fiasco ».

 

Oussama Nadjib, 6 octobre 2011. Maghreb emergent.com

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