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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

     DR-A Aïn Beïda, “Il n’y a pas d’usines, pas de projets, rien”

 

 

Par Azzeddine Bensouiah

 

   

 

Le mouvement de contestation des chômeurs ne faiblit pas. Bien au contraire. Il sort du ghetto du Sud pour gagner les autres wilayas. Samedi, c’est dans la wilaya d’Oum El-Bouaghi que les chômeurs du pays se sont donné rendez-vous, précisément dans la commune d’Aïn El-Beïda.

La wilaya, qui a enfanté Larbi Ben M’hidi, sera, donc, le théâtre de la première manifestation pacifique des jeunes depuis l’Indépendance. Cette action historique que les membres du Comité national de défense des droits des chômeurs organise est “une réponse à ceux qui nous accusent de régionalisme”, selon l’activiste Tarek Mameri. Les responsables locaux de la CNDDC étaient ce week-end à Alger, à leur tête Hamla Miloud, le coordinateur régional et responsable de la wilaya d’Oum El-Bouaghi.

Jeudi dernier, la délégation était reçue à l’APN par les huit députés et deux sénateurs de la wilaya (tous issus du FLN). Objet de la rencontre : dissuader les jeunes de tenir leur manifestation. Selon Hamla Miloud, cette rencontre n’a rien apporté de nouveau. “Les députés ont essayé de nous dissuader d’user de notre droit constitutionnel, celui de manifester pacifiquement. Ils ne nous ont rien proposé en échange. En fait, les élus et les responsables locaux n’ont rien à nous proposer. S’ils le voulaient, ou le pouvaient, ils auraient dû le faire il y a bien longtemps. Les députés disent que c’est au gouvernement de répondre à nos revendications. C’est pourquoi nous avons toujours demandé l’ouverture de négociations directes avec le gouvernement.”

Le choix de la ville d’Aïn El-Beïda pour abriter cette manifestation n’est pas fortuit : elle connaît le plus fort taux de chômage de la wilaya, selon Hamla Miloud qui va jusqu’à affirmer que ce taux dépasserait 90% et jure que la ville n’a pas connu un seul projet depuis trente ans. “Il n’y a pas d’usines, pas de projets, rien”, martèle-t-il, avant de rappeler que les revendications des jeunes de la région concernent l’emploi, le logement, mais aussi le développement local.

Au moment où les délégations venues de toutes les régions du pays commencent à affluer vers Aïn El-Beïda, le responsable régional rappelle le caractère pacifique de leur manifestation et refuse toute récupération politique de ce mouvement juvénile.

 

   

Liberté, 25 mai 2013

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