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Publié par Saoudi Abdelaziz

C’est ce qu’affirme, abruptement, Arezki Derguini sur le site officiel du FFS, qui placarde un avis de recherche, à l'humour approximatif, avec les portraits des contestataires. A propos de la médiatisation de la contestation, il écrit : « Dans un système autoritaire sans contrepouvoirs, elle détourne l’attention du public des réels centres d’intérêts qui la mettraient en mesure d’être autonome ».

 

La presse, le député et le militant

 

Par Arezki Derguini

 

Après avoir discrédité les élections afin que nulle majorité crédible ne puisse s’opposer à l’institution présidentielle, il s’agit maintenant de discréditer le militantisme afin que le FFS ne puisse pas recruter largement devant les nouvelles échéances électorales et afin que la société n’apprenne à s’organiser.

 

En effet la victoire du FLN aux élections législatives permet au régime présidentiel de gagner du temps face à la véritable échéance : l’élection présidentielle où la volonté politique du pouvoir sera mise à l’épreuve sans possibilité de manœuvres politiques. La majorité parlementaire FLN permet au régime présidentiel de neutraliser le parlement. Après avoir gagné du temps avec la question de la constitution du gouvernement, il s’agit de gagner du temps avec la commission chargée de préparer la révision de la Constitution et le référendum.

 

Après le battage médiatique contre les élections et la représentation politique pour protéger le régime présidentiel, c’est au tour du battage anti-militantisme de prendre le relais afin que la mobilisation politique soit minimale lors des prochaines élections et le prochain congrès du parti. La dévalorisation du capital politique (député et militant), après celui de la politique en général, devient l’objectif stratégique du pouvoir pour réaliser les conditions d’une reproduction d’un régime présidentiel aux ordres.

 

La campagne anti-FFS menée par les anciens secrétaires nationaux du parti ne peut s’interpréter comme une volonté de vouloir corriger une ligne politique, de disposer d’une position au sein du FFS ou de créer un parti substitut.
Ce n’est pas de l’extérieur du parti par le biais d’une campagne médiatique que l’on peut modifier une ligne politique. On peut juste y favoriser certaines tendances grâce à la démoralisation des militants ou autrement dit, y renforcer des tendances déjà puissantes au sein de la société que l’on a pu observer lors des élections passées. Le parti devra faire preuve d’une certaine vigilance quant à ce point.

 

Ce n’est pas de l’extérieur du parti que l’on peut améliorer ses positions en son sein. Pour y progresser il faudrait se situer à l’intérieur du parti et la presse n’est assurément pas le chemin qui y conduit. C’est l’objectif de la presse qui s’impose nettement ici aux anciens premiers secrétaires. Je rappellerai ma thèse concernant la presse : de manière générale elle est instrument de gestion de l’attention publique. Dans un système autoritaire sans contrepouvoirs, elle détourne l’attention du public des réels centres d’intérêts qui la mettraient en mesure d’être autonome. La société est organisée plutôt qu’elle ne s’organise, elle n’a pas ses propres centres de gravité, elle ne les impose pas.

 

Pour créer un parti, il faudrait disposer d’une base militante et d’un crédit politique suffisants pour attirer des candidats dans la perspective des prochaines échéances électorales, dans les combats politiques. Ici, il est clair pour eux que la partie est perdue d’avance. Le nomadisme politique illustre bien le fait que les candidats à l’investissement politique s’intéressent davantage à l’investissement court qu’à l’investissement long. Ce qui explique par ailleurs le fait que ces détenteurs de titres politiques préfèrent contester le parti de l’extérieur, et s’exposer à une incohérence stratégique, du fait d’une appartenance ancienne, qu’à la création d’un nouveau parti qui se chargerait de mettre en œuvre une ligne politique qui n’est pas suivie ailleurs. Un parti politique ne s’improvise pas. Le FFS s’est construit sur une opposition fondamentale et durable, il dispose d’un capital symbolique qui permet aux militants de traverser les plus dures conditions.

 

C’est donc sur le militantisme qu’il faudra concentrer ses efforts pour réhabiliter le politique. Et particulièrement sur le militantisme citoyen.

 

Arezki Derguini, 12 juillet 2012. Ffs-dz.net

 

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