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Publié par Saoudi Abdelaziz

Les Impressions du jeudi

Par Saoudi Abdelaziz

 

Le président Abdelaziz Bouteflika a cru bon, jeudi dernier, de jeter toute son autorité dans la balance électorale, sacralisant les prochaines élections, leur assignant un rôle majeur dans le redressement national. Il s’est départi du détachement dont il faisait preuve jusqu’ici, lorsqu’il se limitait à arbitrer les « dépassements » de la compétition entre les différentes composantes du sérail politique, tout en restant obstinément muet devant son peuple.  

Il y a onze mois, dans son message à la nation du 15 avril 2011, Bouteflika reconnaissait pourtant la nécessité d’un changement profond : « La démocratie, la liberté, la justice et l'État de droit sont autant de revendications légitimes que nul ne saurait ignorer ». Il se fixait alors comme objectif «d’approfondir le processus démocratique et de permettre aux citoyens de contribuer davantage aux décisions dont dépendent leur avenir et celui de leurs enfants ».

Depuis, « le processus de réformes», limité à l’intérieur de l’establishment, s’est enlisé. La désaffection populaire à l’égard de la classe politique s’est considérablement accrue, proportionnellement à l’ampleur de la déception, mais aussi à celle de la combattivité populaire sur les terrains sociaux liés respect de l’état de droit.

 

Cette aspiration à l’état de droit, aujourd’hui venue à maturité en Algérie, marque de plus en plus l’action des agents et usagers des services publics, des salariés, des chômeurs, des étudiants, des entrepreneurs tournés vers la production. Sur le terrain, c’est une  vaste leçon de choses qui conduit le peuple algérien à faire ce constat : la mise en avant des intérêts populaires heurtent de manière antagonique la nature fermée du système actuel de gestion de la chose publique.

Ces onze derniers mois ont donc révélé que le redressement national est urgent et en même temps très difficile, nécessitant que les actions des patriotes de tous horizons s’appuient sur les initiatives et le renouveau de la conscience populaires et recherchent plus systématiquement les facteurs de convergence politique vers un Etat de droit au service du développement et de la justice sociale.

A Arzew, dialoguant avec les participants au meeting, Bouteflika proteste que le peuple « ne l’a pas compris » et voudrait qu’on le croie sur parole lorsqu’il promet que la participation au vote débouchera sur un nouveau Premier novembre.

Le constat, dramatique et inquiétant, c’est que c’est le président qui n’a pas compris le peuple.

Par contre, Hillary Clinton a compris Abdelaziz Bouteflika et lui a donné le baiser de Judas.

 

Saoudi Abdelaziz, 1er mars 2012

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