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Publié par Saoudi Abdelaziz

L’édito d’El Watan met aujourd’hui le doigt sur un des problèmes majeurs de la construction nationale et démocratique cinquante ans après l’Indépendance. Par delà les recommandations- à prendre avec des pincettes- du FMI, tout Algérien sensé n’ignore plus que la question centrale est aujourd’hui : comment utiliser l’argent public ? C’est au peuple algérien, à travers des débats publics et des mécanismes institutionnels transparents, de définir les priorités. L’argent généré par les chercheurs, les ouvriers et les techniciens de la compagnie nationale Sonatrach n’est pas un trésor de guerre entre les mains des détenteurs actuel du pouvoir d’état ou le butin de ceux qui les remplaceront demain. C’est le bien de la nation tout entière et non la caisse noire d’un système, comme il l’est aujourd’hui, pour une grande part.

S. A.

 

Tyrannie

 

 

Un édito de Messaoud Tahar Messaoudi

 

 

N’est-ce pas là un acte de tyrannie que d’imposer un projet fort onéreux, et improductif qui plus est, dans un contexte de crise économique mondiale, sans tenir compte des conseils avisés du FMI qui préconise, pour les Etats à économie faible, de limiter les dépenses publiques car les répercussions de la crise seront encore plus fortes en 2012 et en 2013 ?

 

Au moment où les Etats les plus puissants de ce monde tentent d’amortir le choc en limitant au strict minimum les investissements publics, donc en serrant les cordons de la bourse, l’Algérie décide de débloquer plus d’un milliard d’euros pour la construction d’une gigantesque mosquée. Un mégaprojet digne de Sardanapale (661-631 av. J.-C.), le dernier roi assyrien dont le goût pour la luxure et l’opulence lui a été fatal.

 

Des citoyens, des universitaires et des architectes se sont exprimés dans la presse nationale pour dire que le «mastodonte» que veut édifier le Président sur un ancien marécage n’est pas opportun à plus d’un titre. Leur principale crainte est de voir ce projet investi par les circuits de la corruption, dont la voracité n’est plus à démontrer. Pour beaucoup, la mégamosquée va coûter non pas un, mais trois, quatre ou même cinq milliards d’euros. Une réévaluation qui sera rendue nécessaire, sans qu’on sache trop pourquoi, comme dans d’autres grands projets en Algérie, à l’exemple de l’autoroute Est-Ouest dont la mise en chantier a révélé un énorme scandale financier qui n’a pas encore livré tous ses secrets.

 

Ensuite, pourquoi faire dans le gigantisme ? S’il s’agit pour l’Etat algérien de réparer les dégâts causés par l’idéologie islamiste en reprenant en main l’enseignement religieux longtemps occupé par des charlatans et des incultes, mettre sur la table un milliard d’euros est certainement nécessaire. Encore faut-il que cet argent soit consacré à des projets à taille humaine. Dans ce cas-là, on parlerait de plusieurs pôles de rayonnement des sciences islamiques par exemple à Oran, à Souk Ahras, à El Bayadh ou à Tamanrasset, là où un jeune illuminé s’est tué hier dans un attentat-suicide. La décentralisation de l’enseignement, religieux ou autre, donnerait de meilleurs résultats. C’est connu.

Est-il encore temps pour redonner à ce projet des dimensions raisonnables ? Pour l’heure, seul le président Bouteflika peut le décider. Ce qui est fort improbable. Abdelaziz Bouteflika tient à sa mosquée et elle finira par porter son nom. Tyrannie oblige.

 

Mohamed Tahar Messaoudi, 4 mars 2012.  El Watan.com

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