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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

La présidente brésilienne met en garde contre les périls la «désindustrialisation ».

 

La chute de la croissance brésilienne entraîne une réaction musclée des autorités. Mercredi, la banque centrale du pays a même créé la surprise en annonçant une baisse plus importante que prévu de ses taux directeurs au lendemain de la publication de chiffres décevants sur la croissance du pays en 2011. Sous l'effet de la crise internationale, la hausse du produit intérieur brut s'est limitée à 2,7 % après... 7,5 % l'année précédente.

 

L'autorité monétaire, qui avait commencé à assouplir les conditions du crédit depuis août dernier, a donc subitement accéléré le rythme en ramenant son taux de référence juste sous la barre des 10 %.

 

Un geste fort qui témoigne de la préoccupation de Brasilia à l'égard du ralentissement de l'activité économique, et qui confirme que la banque centrale, théoriquement indépendante, est de plus en plus alignée sur les objectifs de croissance du gouvernement.

 

Avant même l'annonce de la décision de l'institut d'émission, son président, Alexandre Tombini, assurait que la croissance allait retrouver une trajectoire ascendante tout au long de l'année. Sans montrer de préoccupation excessive à l'égard de l'inflation, qui reste relativement élevée au Brésil - le taux d'inflation est supérieur à 6 % -, et à l'envolée des prix du pétrole.

 

La banque centrale semble donc faire fi du dérapage des prix pour se préoccuper avant tout de la conjoncture qui se dégrade et des difficultés structurelles engendrées par l'afflux de capitaux dans le pays. La présidente, Dilma Rousseff, est d'ailleurs montée au créneau contre le « tsunami monétaire » déclenché par les pays riches, cette semaine. Elle a évoqué, lors d'une rencontre avec Angela Merkel, mardi dernier à Hanovre, les périls la «désindustrialisation ».

 

De fait, l'industrie brésilienne est à la peine. L'activité a essuyé un nouveau recul en janvier. La production automobile a notamment chuté de 30 %. Le Brésil a mis en cause, explicitement, les politiques monétaires des pays riches, qui provoquent un afflux massif de capitaux vers des pays émergents, dont le Brésil, où les taux d'intérêt sont bien plus rémunérateurs. Les mesures de la banque centrale doivent s'analyser dans ce sens. Elles ont été bien accueillies sur place, même si les taux des emprunts pour les consommateurs et les entreprises demeurent extraordinairement élevés. La fédération du commerce de São Paulo, par exemple, considère que le desserrement de la politique monétaire est une mesure « adéquate » pour affronter le « tsunami monétaire ».

 

De con côté, le ministre brésilien des Finances « craint la formation de bulles » en raison de cette montagne de liquidités venue des Etats-Unis et d'Europe. Guido Mantega prépare ainsi un nouvel arsenal pour endiguer l'appréciation du real, la monnaie brésilienne, face au dollar, et de nouvelles mesures pour protéger son industrie. Des surtaxes polémiques ont déjà été appliquées à l'importation de véhicules et un accord commercial avec le Mexique a été remis en question.

 

Source : Les Echos.fr, 9 mars 2012

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