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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

 

 

 

Photos , Algérie : Centre Ville In Salah

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Kamal Daoud décrit In Salah: "Ville fantôme coincée entre la saleté, le sachet bleu, le goudron raté et la laideur sur les visages et au bas des murs. Dieu que le Sahara algérien souffre du nord et des siens !"

Le Sahara souffre du Nord? "Beni Saf est vraiment sale" écrit Benallal Mohamed dans El Watan. Faisant le tour de cette cité réputée du "Nord", Il décrit les abords de l'école Ibn Rochd : "devant cette même école où est installée une benne à ordures qui dégouline du jus des ordures de fruits et légumes, et en dégageant une odeur nauséabonde et écœurante, empestant cette masse d’individus ne pensant qu’à leur porte-monnaie".

 

 

 

 

 

Le long du sud: In Salah, la ville la plus horrible

 

 

 

 

 

Il y a en Algérie, trois choses très tristes, sales, ennuyeuses et très polluantes pour l'âme : les sachets bleus, les fêtes officielles et In Salah. De sa vie, le chroniqueur n'a jamais vu une ville aussi sale, laide, abandonnée entre le vide et le coup de pied, morte depuis si longtemps qu'elle n'a plus que de sa pierre tombale et tellement loin de tout que la pièce de monnaie y a l'air d'un caillou inconnu. Le long du sud, on peut voir le vide, le désert, le Sahara, le néant et In Salah. Ruelles dévastées, poteaux aux dos courbés, maisons inachevées, gens tristes et presque en colère contre l'inconnu, des mouches sur la nourriture, du sable et le cratère d'un centre-ville qui n'existe pas que par son empreinte de pas de fuyard. Pourquoi en parler ? Parce qu'il faut dénoncer, dire, rapporter : on ne peut pas avec autant d'argent construire un abcès pareil.

L'endroit est même considéré comme un centre que l'on cite dans le bulletin météo. Alors que sur place, on a de la peine à imaginer la possibilité d'une vie dans cet endroit. Le parfait exemple de ce que peut faire le pétrole quand il rencontre le manque d'idées, la gabegie, la corruption et l'horreur. Car l'endroit est horrible, tout simplement, cru. On imagine à peine la vie dedans, la possibilité du poumon contre le néant. Comment a-t-on pu faire cette ville ?    La réduire à une telle saleté ? L'enjamber ? Avec quoi est-elle reliée à l'Algérie ? Qui y est wali ou comptable ?

Il y a dans le sud, dans les grandes villes du désert, une maladie que le chroniqueur désigne comme « la maladie du poteau ». Partout, dans l'excès et une profusion douteuse, des poteaux d'éclairage partout. Parfois même là où il n'y a pas de rue, de ruelles, de routes, de villages ou de maisons. Dans une sorte d'élan de la dépense qui ne se soucie plus de la raison. Des poteaux d'éclairage tous les cinq mètres presque. Pourquoi ? Parce que le Nord pense que le développement dans le Sud se fait par la dépense en poteaux. Le budget « éclairage » est consommé jusqu'à l'absurde. Il en va des centrales électriques à Tamanrasset par exemple, qui sont inaugurées et re-inaugurées en cycle depuis l'époque Khellil, les trottoirs défoncées, les rues mortes et tueuses, les poteaux rouillés, peuples métalliques, tristes de notre indépendance, vestiges de la conquête de l'électricité contre la Jahilya coloniale. Et c'est affreux ce désert au cœur du Sahara. On s'imagine mal la catastrophe de certaines villes du sud où le régime du nord croit y acheter la vassalité par les poteaux et le consensus par le budget spécial. S'y sont développés alors ces tristes cratères ou l'autochtone opte pour la ruse face à un régime nordiste riche et qui a peur et qui pense mal, n'a pas d'idées et trop d'argent. In Salah en est l'exemple qui frappe par tant d'horreur. Ville fantôme coincée entre la saleté, le sachet bleu, le goudron raté et la laideur sur les visages et au bas des murs. Dieu que le Sahara algérien souffre du nord et des siens !

 

Kamel Daoud, 23 novembre 2013

 

Le Quotidien d'Oran

 

 

BENI SAF

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"La ville de Béni saf est vraiment sale"

 

 

 

 

Le Bénisafien en particulier, ou l’Algérien en  général, ne se comporte plus en tant que  citoyen (droits et devoirs), encore moins en citadin (éducation et morale), il méconnaît totalement et volontairement ses droits et ses obligations  civiques qui font partie de sa vie en société (cadre de vie + bien-être). Le comportement du Bénisafien s’adapte plus à la saleté sociale qu’à sa propreté individuelle. Il ne sait pas vivre à l’extérieur de son chez soi ; dehors, il ne fait qu’exister dans le désordre, croyant que c’est un segment de la liberté, faisant son petit marché quotidien au milieu d’un souk où la saleté, les eaux usées, les mouches, la poussière, les mauvaises odeurs et les marchandises se côtoient dans une impunité totale. Accepter cela est une anomalie qui est constatée quotidiennement au niveau de notre marché ou souk, sans que personne (individu, société civile, institutions diverses, commission de contrôle) ne réagisse par manque de civisme, de morale, de raison, de conscience et de bonne volonté. Un petit geste civique est comparable, pour ne pas dire semblable, aux petits ruisseaux qui font de grandes rivières.

 

Lorsqu’on parle d’aberration, on doit signaler  un fait, celui de la porte de sortie de l’école primaire Ibn Rochd cernée par des montagnes de légumes, fèves, petits pois et autres produits maraîchers qui empêchent les écoliers d’emprunter leurs propres trottoirs, réquisitionnés au détriment de toute morale. Car la logique, la raison et la conscience ne font plus partie dans ce contexte mercantile, en termes de saleté, de prix (inflation), d’échanges (ventes-achats) et d’achalandages et de gains. Les aberrations se situent aussi devant cette même école où est installée une benne à ordures qui dégouline du jus des ordures de fruits et légumes, et en dégageant une odeur nauséabonde et écœurante, empestant cette masse d’individus ne pensant qu’à leur porte-monnaie, neutralisant leurs sens et empêchant les écoliers côtoyant la benne à ordures de faire leurs petits exercices mentaux. Cette benne à ordures est  envahie  par des millions de mouches. Un décor sale et unique qui dure et perdure.

 

C’est bien le comble et c’est aussi le désordre dans ses aspects culturel, social, moral et environnemental. Je me suis limité au niveau du marché quotidien du centre-ville, sans aller au-delà des  autres espaces de la ville qui ne sont pas mieux lotis, sinon qu’ils sont semblables et peut-être même pires encore. La saleté s’est imposée en tant que telle, alors que la rationalité, la logique et la conscience ne trouvent plus de place. Mieux vaut accepter le mal que gérer le pire. Le jardin public, un monument culturel est devenu un dépotoir. Ce jardin est baptisé officiellement «Place des Martyrs», ceux portant les noms des symboles de la nation (Emir Abdelkader - Chouhada), de l’Etat (révolution armée), on trouve au milieu des ordures des animaux (chiens et chats) errant librement. La nuit, ivrognes et autres SDF occupent ces espaces à des fins que la morale religieuse n’admet point.Par ailleurs, les espaces verts et leur gestion sont définis comme des jardins et parcs d’agglomération.

 

Le jardin public de Béni saf  est devenu un dépotoir, recevant toutes les saletés qui puissent exister. Il est à la merci  des mercantilistes, des soulards. Les symboles de la République sont souillés jusqu’au fond de leur mémoire. Ce jardin n’est plus considéré comme un espace individuel. Il faut penser à mettre en place des pratiques citoyennes respectueuses du milieu urbain et sur l’éducation à l’environnement de façon utile pour former des citoyens responsables capables d’évaluer et d’agir sur la qualité de leur milieu quotidien.

 

Du laisser-aller, de la saleté, de la dégradation au vu et au su des autorités locales qui ne répondent pas aux multiples doléances ; même les médias ne cessent de dénoncer ces calamitées qui frisent la catastrophe. Les espaces verts des autres quartiers de la ville sont infréquentables, car ils sont plus des espaces de saleté,  où la couleur bleue des sachets prédomine à la place de jolies fleurs.

Le premier représentant  de l’Etat dans la commune, et ce, conformément aux dispositions du code de la commune, est bien le président de l’Assemblée populaire communale (P/APC). Il est aussi officier d’état civil et officier de la police judiciaire sans être magistrat de la commune.

 

Il est de son ressort et de son devoir de savoir et de faire connaître à la population les principaux problèmes concernant l’hygiène et la salubrité dans sa commune, l’hygiène alimentaire, la salubrité de la cité,  la dératisation, la désinsectisation, la lutte contre le bruit, la pollution, la désinfection, la maîtrise de la population animale dans la ville et la gestion des déchets, la consommation d’alcool dans les lieux publics, l’absence de toilettes publiques  au niveau du centre-ville et de la plage qui reçoit des milliers de visiteurs, etc. Il est de ses prérogatives aussi d’agir dans le sens de leur éradication, selon la réglementation en vigueur pour le bien-être de la population. Il est de son devoir de veiller scrupuleusement à l’ hygiène et la salubrité, sinon sa défaillance pourrait le conduire à l’abandon, comme l’exemple de l’interdiction officielle de la baignade à la plage de Sidi Boucif polluée. Mais l’informel brise toutes décisions réglementaires. Aussi, il faut une application saine et la maîtrise du contexte réglementaire ainsi que les procédures en matière d’hygiène et de salubrité publique afin de préserver un cadre de vie acceptable pour les habitants de la ville de Béni saf.

 

Benallal Mohamed, 22 novembre 2013

 

Texte intégral : El Watan

 

 

 

 

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Commenter cet article

Houda 12/08/2017 02:26

100000% Juste et je trouve que l'auteur a été clément en ne citant que ces quelques exemples car la vérité est beaucoup plus douloureuse c'est insoutenable ! Je n'ai pas cru mes yeux ni mon
nez. Mais pourquoi ???????!!!!!