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Publié par Saoudi Abdelaziz

Un tribunal militaire de Manama a déclaré, jeudi 29 septembre, une équipe de médecins et de professionnels de la santé coupables d’avoir tenté de renverser le gouvernement lors des manifestations qui ont eu lieu cette année (en février–mars) et a prononcé pour vingt accusés des condamnations à des peines d’emprisonnement allant jusqu’à 15 ans, rapporte Amnesty International. La même cour militaire a confirmé mercredi en appel les sentences concernant vingt-et-un chefs de l’opposition, dont plusieurs sont condamnés à perpétuité.

 

Un tribunal militaire de Manama a déclaré, jeudi 29 septembre, une équipe de médecins et de professionnels de la santé coupables d’avoir tenté de renverser le gouvernement lors des manifestations qui ont eu lieu cette année (en février–mars) et a prononcé pour vingt accusés des condamnations à des peines d’emprisonnement allant jusqu’à 15 ans, rapporte Amnesty International. La même cour militaire a confirmé mercredi en appel les sentences concernant vingt-et-un chefs de l’opposition, dont plusieurs sont condamnés à perpétuité.

Les autorités bahreïnies accusent ces médecins, chirurgiens, infirmières et aides-soignants d’avoir diffusé des informations inexactes sur les blessés, pris le contrôle du complexe médical de Salmaniya, à Manama, où ils travaillaient et participé à des manifestations, tout cela avec la volonté de changer le régime. Ce dernier a appuyé ces accusations grâce la presse nationale, entretenant des rumeurs concernant les accusés, pour la plupart appartenant à la communauté chiite, qui a mené la contestation. Ils sont ainsi accusés d’avoir stocké des armes dans l’hôpital et de les avoir livrées aux manifestants en ambulance.

« Il s’agit véritablement d’accusations grotesques mettant en cause des civils qui s’efforçaient de sauver des vies dans des circonstances extrêmement difficiles », a estimé Philip Luther, directeur adjoint du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient d’Amnesty International. « Manifestement, si ces professionnels de la santé ont été pris pour cibles, c’est parce qu’ils ont dénoncé la répression gouvernementale visant les manifestants dans des interviews accordées à des médias internationaux. »

Ces tribunaux militaires ont également condamné à Bahreïn cette semaine à des peines d’emprisonnement (y compris des peines de détention à perpétuité) des dirigeants de l’opposition, des enseignants, des défenseurs des droits de l’homme et des manifestants, pour des inculpations liées au mouvement de soulèvement qu’a connu le pays cette année.

Le prince héritier de Bahreïn, Cheikh Salman Ben Hamad Al Khalifa, qui avait annoncé qu’il ne ferait preuve d’ « aucune clémence », est considéré comme un réformateur modéré au sein de la famille régnante mais semble avoir dû céder face à l’aile dure de sa propre famille. La dynastie sunnite, qui bénéficie du soutien actif de ses puissants voisins du golfe, n’a pas été réellement ébranlée par la vague de soulèvement et a organisé samedi le second tour des législatives partielles, qui visent à pourvoir les sièges de dix-huit députés du principal mouvement de l’opposition chiite, Al-Wefaq, qui avaient démissionné pour protester contre la répression de la contestation. Ces élections ont été boycottées par l’opposition chiite, alors que la tension demeure vive dans le pays.

Affaires stratégiques. Info. 30 septembre 2011.

 

http://www.affaires-strategiques.info/spip.php?article5632

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