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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

Le Grand Prix de Bahreïn de Formule 1 aura bien lieu le 22 avril a annoncé vendredi 13 avril la Fédération internationale de l'automobile. Un grand prix de formule1 n’est pas une manifestation sportive comme une autre. C’est un des moments privilégié de rencontre de la Jet set mondialisée, qui affirme à travers cette décision, son soutien à la monarchie obsolète qui opprime Bahrein, sous la protection des forces spéciales saoudiennes.

 

"En se basant sur les informations dont elle dispose actuellement, la FIA est convaincue que toutes les mesures de sécurité nécessaires sont en place pour que se déroule à Bahreïn une manche du Championnat du monde de Formule 1", a affirmé le communiqué de la FIA vendredi, alors que la police locale continue pourtant de réprimer chaque jour des manifestations d'opposants essentiellement chiites contre la dynastie au pouvoir. Jeudi encore, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, s'était déclaré "préoccupé par l'usage excessif de la force contre des manifestants" à Bahreïn.

M. Ecclestone, qui dirige Formula One Management (FOM) et détient les droits commerciaux de la F1 affirme : « Tout le monde est content et toutes les écuries seront là (à Bahreïn). Le problème, c'est que tout est discuté par des médias qui n'ont aucune idée de ce qui se passe. Je suis heureux que notre position soit claire: nous n'intervenons pas dans la politique des pays où nous allons".

Ces prises de position de la FIA et d'Ecclestone ont été accueillies avec bonheur du côté du régime en place à Bahreïn. "La FIA a pris la bonne décision", a déclaré à l'AFP le patron du circuit de Sakhir, hôte du Grand Prix, près de Manama, cheikh Salmane ben Issa Al-Khalifa. Cette annonce confirme que "rien ne peut justifier une annulation de la course", s'est-il félicité.

 

Semaine de confrontation et de défi

 

L'organisation Human Rights Watch a dénoncé la décision de la FIA de maintenir la course à Bahreïn.

 

Dès l’annonce de cette nouvelle, l'opposition conduite par le Wefaq, principale formation chiite, a annoncé le début à partir de dimanche d'une "semaine de confrontation et de défi" devant culminer le 22 avril lors du Grand Prix. La manifestation de dimanche a eu lieu à Bilad al-Qadim, un village à l'est de Manama, non loin de l'ambassade des Etats-Unis, selon des témoins. "Khalifa, dégage", ont crié les manifestants à l'adresse du Premier ministre, Khalifa ben Salman Al-Khalifa, en poste depuis 1971. Ils ont brandi le drapeau bahreïni, rouge et blanc, et des portraits de’Abdel Hadi al-Khawaja, un opposant condamné à la perpétuité et en grève de la faim depuis plus de deux mois.

Des manifestations quotidiennes sont prévues par la suite dans les localités Chiites entourant Manama, dont une mardi près de l'aéroport international de Bahreïn.

 

La coalition de l'opposition parlementaire ne prévoit aucune manifestation à proximité du circuit de Sakhir, où les essais sont prévus vendredi et samedi avant la course dimanche.

 

Mais des jeunes du collectif de la « Révolution du 14-Février », moteur de la contestation en 2011, ont appelé à « trois jours de colère » de vendredi à dimanche, dans le but d'entraver la tenue de la course.

« L'opposition veut profiter de la tenue du GP pour faire entendre ses revendications pour une évolution démocratique à Bahreïn », a déclaré Abdel Jalil Khalil, un dirigeant du Wefaq.

 

Synthèse blog, 16 avril 2012

 

La veille de la décision , l’Express consacrait un reportage à la question :

 

 

 

Bahreïn: faut-il boycotter le Grand Prix de Formule 1?

 

Alors que contestation et répression ne faiblissent pas à Bahreïn, la tenue du Grand Prix de Formule 1 prévu le 22 avril suscite des doutes dans le milieu de la course automobile, et au-delà.

 

La tension monte à Bahreïn à l'approche du Grand Prix de Formule 1, prévu le 22 avril. Ce petit pays du Golfe est agité depuis un an par une contestation chiite de la monarchie sunnite. Les autorités sont engagées dans une course contre la montre pour assurer la tenue du Grand Prix que la violence risque de compromettre pour la deuxième année consécutive. Le gouvernement se veut rassurant: "Les visiteurs à Bahreïn pour le Grand Prix de Formule 1 vont trouver des conditions sûres et stables."

Mais les membres de la Fédération internationale automobile s'interrogent sur les risques en termes de sécurité, du maintien de la course, et certaines voix s'élèvent pour réclamer sa suspension. Des manifestants, des défenseurs des droits humains et des députés jugent inacceptable de maintenir le rendez-vous sportif alors que la police continue, depuis un an, de réprimer les manifestations, faisant régulièrement des victimes, souligne le Guardian.

Plusieurs personnalités comme l'ancien pilote Damon Hill ou le député britannique Richard Burden ont exprimé leur malaise face à cette épreuve sportive. "La situation à Bahreïn est loin d'être aussi grave qu'en Syrie", reconnaît cet élu travailliste dans une tribune publiée sur le Huffington Post, "et les équipes de F1 font des courses dans d'autres pays dont le respect des droits de l'homme est peu enviable. Mais ce n'est pas pour ça que la F1 doit contribuer à présenter au monde extérieur une image ouatée de normalité à Bahreïn, alors que la réalité à quelques kilomètres du circuit est toute autre."

 

Les pilotes hésitent

 

"Il ne faut pas se le cacher, c'est une situation sensible", admet quant à lui le pilote Mark Webber, interrogé par le réseau ESPN, qui lui demandait s'il y avait un problème moral pour lui à aller courir à Bahreïn. "Nous ne pouvons faire qu'une seule chose, c'est suivre la FIA" conclut-il. Jenson Button estime lui aussi que c'est à la fédération automobile de trancher.

Le grand patron de la Formule 1, Bernie Ecclestone, est moins gêné: "La course est au calendrier. A moins qu'elle ne soit annulée par l'autorité sportive du pays, nous y serons. Je ne vois aucune différence entre ici (en Chine) et Bahreïn", a-til déclaré à quelques journalistes. Une décision définitive devrait être prise d'ici samedi, à la veille du GP de Chine.

 

Violences intercommunautaires

 

A Bahreïn, la vague de violences a rebondi mardi lorsque des centaines de civils sunnites ont attaqué des habitants de villages chiites. Selon des témoins, les sunnites se sont mobilisés à la suite d'appels sur les réseaux sociaux pour protester contre un attentat qui avait blessé sept policiers lundi dans un village chiite, au sud de Manama. "J'ai vu des centaines d'hommes armés de couteaux et de bâtons se rassembler à un rond-point" à la limite entre le quartier sunnite de Rafah et les villages chiites du sud de Manama, a affirmé un témoin. "Ils arrêtaient les voitures et interrogeaient les passagers sur leur lieu de résidence pour déterminer leur appartenance confessionnelle", a ajouté ce chiite.

Le ministère de l'Intérieur continue d'accuser les chiites d'organiser "des rassemblements illégaux". "La mobilisation confessionnelle menace l'unité de la société", a averti le ministre de l'Intérieur, cheikh Rached Al-Khalifa, en commentant l'attentat de lundi, "un crime" pour lequel quatre suspects ont été arrêtés selon lui. Le principal mouvement de l'opposition chiite, le Wifaq, accuse les services de sécurité de fermer les yeux sur ce type d'attaque. Il a aussi répété qu'il dénonçait "la violence d'où quelle vienne" tout en défendant "le droit à manifester pacifiquement".

 

Grève de la faim

 

Autre sujet d'inquiétude, l'état de santé d'un militant chiite en grève de la faim depuis plus de deux mois. Abdel Hadi al-Khawaja, un Bahreïni qui a également la nationalité danoise, condamné à la prison à vie pour complot, serait en danger de mort, selon son avocat.

La France a appelé mercredi les autorités de Bahreïn à "trouver rapidement une solution humanitaire" pour Abdulhadi al-Khawaja. Bahreïn a appelé mardi à la non-ingérence dans ses affaires concernant l'état de santé du militant chiite, également citoyen danois. Dimanche, l'agence de presse officielle avait annoncé le refus de Manama de transférer Khawaja au Danemark, à la suite d'une requête de ce pays.

 

Catherine Gouëset, avec AFP, le 12 avril 2012. L’Express

 

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