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Publié par Saoudi Abdelaziz

Pour la deuxième fois de l'histoire de la F1, un grand prix automobile, celui de Bahrein, est menacé par des émeutes chiites.

 

par Michel Colomès

 

Tout devait être parfait et il ne devait manquer aucune écurie, aucun sponsor, aucune vedette de la course automobile pour effacer l'affront fait l'an passé au circuit de la formule1, contraint d'annuler au dernier moment le Grand Prix de Bahrein pour cause de printemps arabe.

 

Bernie Ecclestone, baptisé pompeusement du titre de pape de la F1, s'était même risqué à dire qu'il était prêt à se faire naturaliser citoyen de Bahrein, tant il avait confiance en l'ouverture d'esprit démocratique du souverain de ce petit, mais très riche royaume de 700 000 habitants dans le Golfe persique. Las, le prétendu oasis de tranquillité ne l'est plus guère : trois semaines avant que les bolides ne fassent rugir leurs cylindrées sur le circuit de Manama, une nouvelle éruption de violence remet à nouveau en cause le grand prix tant attendu.

 

Depuis deux semaines, pour commémorer les incidents sanglants de l'an passé, des manifestations violentes ont éclaté. Leurs meneurs et leur troupe sont les membres de la communauté chiite. Ils représentent 60 à 70 % de la population et sont, après des années d'acceptation de leur sort, de plus en plus hostiles au pouvoir détenu exclusivement par la famille régnante sunnite et en particulier à côté du monarque, le roi Hamad Ibn Issa al-Khalifa, que l'on dit plutôt tolérant, par son oncle Khalifa Ben Salman al-Khalifa, Premier ministre depuis 40 ans.

 

Mémoire courte

 

Pour les businessmen du cirque automobile, désireux de ne pas rater un grand prix dans l'environnement des pétrodollars du Golfe, c'était plutôt osé d'oublier si vite que les émeutes de février-mars 2011 contre le régime avaient été particulièrement sanglantes : 35 morts, ce qui est lourd compte tenu de la taille du royaume. Et qu'elles n'avaient été stoppées que grâce à l'intervention de forces étrangères, celles d'Arabie Saoudite, du Qatar et des Émirats arabes unis.

 

Le même cas de figure va-t-il se représenter cette année avant le grand prix du 22 avril ? Les mêmes accusations sont en tout cas adressées aux manifestants, accusés, eux qui sont chiites, d'être une sorte de cinquième colonne de la république des mollahs iranienne. Le sang a déjà coulé avec la mort d'un jeune homme de 22 ans, tué par un sniper dont le gouvernement prétend qu'il n'a rien à voir avec la police. Mais on craint que ses obsèques, retardées jusqu'à présent, ne donnent lieu à une nouvelle poussée d'une violence qui, au fur et à mesure que le temps passe, est clairement dirigée contre la tenue du grand prix de F1.

 

Bernie Ecclestone va-t-il être contraint de lâcher une deuxième fois consécutive la poule aux oeufs d'or pour cause de manifestations populaires et conflit religieux chiites contre sunnites ? Compte tenu de la logistique que représente l'armada d'un prix automobile, il doit impérativement se décider dimanche prochain. Dès que le drapeau à damier aura salué l'arrivée du vainqueur du Grand Prix de Chine.

 

Michel Colomès, 3 avril 2012. Le Point.fr

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