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Publié par Saoudi Abdelaziz

La grève générale et les manifestations à Azazga indiquent que la population n’a pas confiance dans la gestion des problèmes sécuritaires et pressent qu'il y anguille sous roche. D’El Kennar, dans la région de Jijel, à Azazga en Grande Kabylie, les opérations très professionnelles, attribués par la presse d’emblée et presque machinalement au GSPC, présentent des caractéristiques intrigantes, qui ne sont peut-être pas étrangères à la crise actuelle et aux luttes de pouvoir.

 

 

Dans un article daté d’aujourd’hui, intitulé « Azazga exige vérité et justice », l’envoyé spécial S. Hammoum relate dans le Soir d’Algérie :

 

« Plusieurs témoins oculaires ont insisté pour dire que mis à part la bombe, il n’y avait aucun terroriste dans les parages lors de l’explosion actionnée à distance. Des personnels de l’hôpital présents sur les lieux ont affirmé que dans leur affolement, des militaires ont tiré en direction d’autres militaires.

 

« Après la panique générale occasionnée à l’hôpital, malades y compris, des travailleurs de l’institution sanitaire affirment que trois d’entre eux se sont vu subtiliser leurs portables par des militaires surexcités. Revenant sur les conditions du crime, des témoins qui ont déposé devant les enquêteurs ont affirmé que la victime de ce qu’ils qualifient d’un pur assassinat est un paisible ouvrier-journalier bien connu et estimé dans la région. Il a été poursuivi jusque dans la villa à côté de l’hôpital et achevé de plusieurs balles par les militaires en proie à une folie furieuse avant d'être traîné sur le goudron pour l’exhiber comme terroriste sur la RN 12. 

 

« Les deux villas objets de saccages font peur avec toutes ces traces de sang, des coffrets à bijoux éventrés, des téléviseurs cassés alors que leurs façades portent des traces de projectiles de petite artillerie. Outre les façades et même certaines parties intimes des deux habitations, des voitures portent les impacts de balles tirées à bout portant. L’une d’elles était occupée par un paisible citoyen qui lisait son journal au moment des faits et qui n’a dû sa vie qu’à son réflexe. C’est par miracle si le blessé de 70 ans, gardien de son état a été épargné racontera-t-il à la délégation parlementaire du RCD à laquelle il a avoué qu’après avoir essuyé une rafale, il n’a dû son salut qu’à l’intervention d’un autre militaire qui a ordonné à ce qu’on l’épargne vu son âge avancé.

                                                           

 

                                                  Remake du Printemps noir?

 

  

« Les brutalités sur une famille traînée dehors avec une enfant de 16 mois sont également à mettre au registre d’un comportement incompréhensible des militaires coupables également de pillage, selon les témoins présents sur place. Les sections syndicales de la santé à savoir la SNPSSP, la SNPSP, la SAP et l’UGTA ont rendu publique hier une déclaration- dénonciation dans laquelle ils déplorent la violation des franchises hospitalières par les éléments de l’ANP, les violences verbales et physiques dont furent victimes, selon elles, les personnels de l’hôpital. Ils considèrent cette manière de faire comme une atteinte grave à l’esprit même des conventions internationales ratifiées par l’Algérie.

« Les manifestants, qui n’entendent pas lâcher du lest jusqu’à ce que toute la lumière soit faite sur cette sombre affaire, rejoignent dans leur quête de vérité les victimes directes de la bavure militaire qui affichent un certain optimisme quant à l’éclatement de la vérité et la condamnation attendue des auteurs de cet acte qui entache sérieusement une institution militaire, l’ANP, qui jouissait jusque-là d’un énorme capital confiance de la part des citoyens de la région qui ont peur d’un remake de ce qui s’est passé durant les évènements du Printemps noir et de la parodie de justice qui a suivi cette affaire (…)»

S. Hammoum. Le Soir d’Algérie. 27 juin 2011.    http://www.lesoirdalgerie.com/

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