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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

DR-René Vautier en 1972, avec Philippe Léotard sur le tournage du film



Cinéma. Nouvelle jeunesse pour «Avoir 20 ans dans les Aurès»

 

 

 

Par Steven Le Roy, 2 novembre 2012

 

 

 

 

 

Pour beaucoup de cinéphiles, le film de René Vautier «Avoir 20ans dans les Aurès» était, avant tout, une œuvre polémique et militante sur la guerre d'Algérie, dont les qualités artistiques souffraient d'un tournage en 16mm et d'une lente dégradation des bandes depuis sa sortie, il y a tout juste 40 ans.

 

Depuis la fin de l'été, ces critiques de forme ne sont plus recevables. Grâce à un travail de fourmi, mené notamment par la fille du cinéaste, Moïra Chappedelaine-Vautier et financé pour partie par la région Bretagne, les éléments du film bloqués dans un laboratoire ont pu être restaurés. Un très gros travail de postproduction fourni par la cinémathèque de Bretagne a également été accompli et grâce au réseau Cinéphare, le film retrouve une nouvelle jeunesse et sera diffusé dans de nombreuses salles de la région.


 

Réactions toujours vives


 

Accueilli à Brest cette semaine, René Vautier s'est dit «ébloui» par le film restauré. Et la tournée au long cours menée pour présenter ce film, récompensé en 1972 par le prix international de la critique à Cannes, fait toujours carton plein lors des séances programmées. «Les salles continuent de réagir très fort», souligne-t-on, même si certaines menaces de manifestations nostalgiques sont prises au sérieux.

 

«Qu'importe», s'amuse René Vautier, dont le verbe est toujours aussi percutant, «une association d'anciens combattants, les Anciens combattants pour la paix, nous soutient». Il est vrai qu'en ayant débouché les écoutilles en parvenant à un son impeccable, plus aucun dialogue ni son de ce film «pour la paix en Algérie» ne peuvent désormais échapper au public.

 

 

 

À en croire les promoteurs d'«Avoir 20 ans dans les Aurès», la portée de ce film culte - marqué par la censure, la création de l'unité de production de cinéma en Bretagne (UPCB) et des anecdotes à foison - n'en est que décuplée. N'en déplaise à ses éternels détracteurs.

 

 

 

Steven Le Roy, 2 novembre 2012. letélégramme.com

 

 

 

René Vautier et l’Algérie

 

 

 

Né d’un père ouvrier d’usine et d’une mère institutrice, il mène sa première activité militante au sein de la Résistance en 1943, alors qu’il est âgé de 15 ans, ce qui lui vaut plusieurs décorations. Il est décoré de la Croix de guerre à 16 ans, responsable du groupe «jeunes » du clan René Madec, cité à l’Ordre de la Nation par le général Charles de Gaulle pour faits de Résistance (1944).

 

 

 

Après des études secondaires au lycée de Quimper, il est diplômé de l’Institut des hautes études cinématographiques (IDHEC) en 1948, section réalisation.

 

 

 

En 1950, il réalise son premier film, Afrique 50, qui était une simple commande de la Ligue de l'enseignement destinée à mettre en valeur la mission éducative de la France dans ses colonies. Sur place, il décide de témoigner d'une réalité non commandée, le film sera interdit pendant plus de quarante ans. Ce sera le premier film anticolonialiste français, chef-d’œuvre du cinéma engagé, qui lui vaudra 13 inculpations et une condamnation de prison, son co-inculpé est Félix Houphouët-Boigny. Il s'agit une condamnation en violation du décret Pierre Laval (Ministre des colonies) de 1934 et Vautier est mis en prison militaire à Saint-Maixent, puis à Niederlahnstein (de) en zone française d’occupation en Allemagne. Il sort en juin 1952. Afrique 50 reçoit la médaille d’or au festival de Varsovie.

 

 

 

Engagé en Afrique sur divers tournages, il rejoint l'Algérie clandestinement par les maquis dès 1956 et participe à la lutte des indépendantistes du FLN. Il tourne dans les Aurès-Némentchas, ainsi qu'à la frontière tunisienne, filmant les maquisards de l'ALN[1],[2]. Au printemps 1958, il se rend au Caire, ou certaines instances dirigeantes du FLN sont basées pour y montrer son film sur la lutte l'ALN. Sur place, il doit rencontrer Abane Ramdane, l'un des cinq membres du comité exécutif du FLN. Il ignore cependant que ce dernier a été assassiné en 1957 en raisons de luttes intestines au sein du parti algérien[]. Jugé encombrant, Vautier est convoyé vers la Tunisie via la Libye et emprisonné pendant vingt-cinq mois, de 1958 à 1960. D'abord détenu à Mornag dans les environs de Tunis, il parvient à s'échapper en retirant un barreau d'une fenêtre. Il ne souhaite pas s'évader, mais plutôt s'expliquer avec les dirigeants du FLN dont il pense qu'ils ignorent son incarcération. Cependant, au lieu de l'aider, ses contacts lui envoient les gardiens de Mornag qui le ramènent en prison[3]. Il subit alors la torture, pendant 4 jours « littéralement épluché avec une garcette ». Transféré à Den Den il est au bout du compte relaché, sans explication

 

Ne gardant pas rancune de cet épisode aux indépendantistes algériens, il part dès l'indépendance s'installer à Alger. Il est nommé directeur du Centre audiovisuel d’Alger (de 1962 à 1965). Il y est aussi secrétaire général des Cinémas populaires[].

 

 

 

Source : wikipedia

 


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