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Publié par Saoudi Abdelaziz

 



 

 

 

 

 

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Par Rosa Moussaoui

 

Face à l’attitude onusienne, la France pousse ses «partenaires» d’Afrique de l’Ouest à réclamer d’urgence le feu vert du Conseil de sécurité au déploiement d’une force militaire.

 

Les prudentes mises en garde de Ban ­Ki-moon sur les possibles effets d’une intervention armée au Nord Mali ne sont pas du goût de Paris. Dans un rapport adressé le 29novembre au Conseil de sécurité, le secrétaire général de l’ONU, sans écarter l’option militaire «en dernier recours contre les plus extrémistes», évoquait des «questions fondamentales (…) en suspens». Une offensive militaire «pourrait aussi risquer de ruiner toute chance d’une solution politique négociée à cette crise, qui reste le meilleur espoir d’assurer la stabilité à long terme au Mali», exposait-il.

 

Depuis, une véritable contre-offensive diplomatique s’est organisée, Paris poussant ses «partenaires» d’Afrique de l’Ouest à réclamer d’urgence le feu vert onusien indispensable au déploiement d’une force militaire au nord du Mali, occupé depuis le printemps dernier par des groupes djihadistes. Hier, le président français devait recevoir à ­l’Élysée le despote tchadien Idriss Déby, qui a déjà fait des offres de service en vue d’une intervention militaire au Mali. «La France accepte de redonner une caution d’honorabilité à Idriss Déby. Avec pour seul espoir que les soldats tchadiens, supposés spécialistes du Sahel (du moins quand la France les appuie), sinistrement réputés pour leur clanisme, leurs exactions et leurs multiples ­retournements d’alliances dans les différents conflits internes, constituent un soutien utile sur le terrain malien», commente l’association française Survie, engagée contre la Françafrique.

 

La veille, alors que s’ouvraient à Ouagadougou des pourparlers entre les autorités de Bamako, les islamistes armés d’Ansar Eddine et les indépendantistes touaregs du MNLA, c’est le président ivoirien ­Alassane Ouattara qui était reçu par François Hollande. «Sur la situation au Mali, les deux présidents ont constaté leurs convergences de vues, en particulier leur volonté que le Conseil de sécurité des Nations unies autorise par une résolution, adoptée avant la fin de l’année, le déploiement d’une force africaine», indiquait l’Élysée à l’issue de l’entretien. Ouattara, incapable de rétablir la sécurité dans son propre pays, jugeait de son côté une intervention militaire «indispensable, et dans les meilleurs délais». Les organisations régionales, Union africaine et Cedeao, sont intervenues dans le même sens, offrant un point d’appui à Paris. «Comme les autorités maliennes, la Cedeao et l’Union africaine, la France espère qu’une opération militaire africaine pourra commencer à se déployer dès que possible au Mali, compte tenu de la menace constituée par l­es groupes terroristes», faisait valoir hier le Quai d’Orsay.

 

Rosa Moussaoui, 8 décembre 2012. L’Humanité.fr

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