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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

DR-Le professeur Richard Falk, rapporteur spécial de l'ONU

pour les territoires palestiniens, depuis 2008. 

 

 

 

Le concert de condamnations qui a suivi l'attentat meurtrier contre le marathon de Boston a été perturbé par une voix dissonante. Et pas des moindres, puisqu'il s'agit de celle d'un responsable onusien. Dans une tribune publiée sur le site du Foreign Policy Journal, intitulée "Un commentaire sur les meurtres du marathon", Richard Falk, rapporteur spécial du Conseil des droits de l'homme de l'ONU pour les territoires palestiniens, invite à dépasser le stade de l'émotion pour analyser la cause profonde de la tragédie.

 

 

Tandis que la majorité des analystes planchent désormais sur le profil des frères Tsarnaev, les principaux suspects de l'attaque, décrits comme des loups solitaires qui se seraient autoradicalisés via Internet, Richard Falk s'intéresse aux raisons extérieures qui auraient amené ces islamistes à frapper aux Etats-Unis. D'après lui, ces actes ne seraient que la conséquence de la politique étrangère des États-Unis. "Le projet américain de domination mondiale est voué à engendrer toutes sortes de résistances dans le monde post-colonial", assure-t-il.

 

Le responsable onusien estime même que les États-Unis ont de la chance de ne pas avoir subi pire riposte. "Et cela peut encore arriver, affirme-t-il, surtout si rien n'est fait pour repenser les relations entre les États-Unis et les autres pays du monde, à commencer par le Moyen-Orient." Richard Falk souligne qu'après le 11 Septembre les guerres en Afghanistan Afghanistan et en Irak se sont soldées par des échecs et ont "dévasté" les deux pays. S'il admet que l'arrivée à la Maison-Blanche de Barack Obama a marqué un tournant, il note que "des bruit de bottes se font entendre concernant la Corée du Nord et l'Iran".

 

 

 

Pour le rapporteur spécial du Conseil des droits de l'homme de l'ONU pour les territoires palestiniens, le noeud du problème concerne l'alliance indéfectible entre les États-Unis et Israël. "Aussi longtemps que Tel-Aviv possèdera l'oreille complaisante de l'establishment politique américain, ceux qui souhaitent la paix et la justice dans le monde ne trouveront pas facilement le sommeil". Le responsable onusien évoque ainsi les espoirs "naïfs" suscités par le discours d'Obama au Caire en 2009 qui devait marquer l'avènement d'un rééquilibrage de l'approche américaine sur le conflit israélo-palestinien. "À l'aube de son second mandat présidentiel, il semble qu'Obama ait complètement abandonné (cette idée), succombant au dogme de la primauté du soutien à Israël", regrette-t-il.

 

 

 

Pour Richard Falk, un examen de conscience sur le rôle des États-Unis dans le monde demeure indispensable pour la sécurité future du pays. "Les prouesses militaires américaines et la confiance éternelle de ses leaders dans la diplomatie du pouvoir fort font des États-Unis une menace pour le monde et pour eux-mêmes", insiste-t-il. Et le chercheur de conclure : "Combien d'innocents devront mourir avant que nous nous réveillions de notre fantasme de domination mondiale ?"

 

    

Source : Le Point.fr, 25 avril 2013

 
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