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Publié par Saoudi Abdelaziz

Mabrouk el Aïd pour tous.

 

 

La chronique du Condjador (65)

 

 

 

Aujourd’hui, jeudi, le dialogue le plus entendu à Jijel, c’est :

 

« Combien tu as acheté ton mouton ? »

« 40 000 »-

« Oh le mien 50 000, mais il vaut 55000 au souk »

 

 

C’est le mouton qui égorge Zawali, qui l’achète à 45000 da, uniquement pour que ses enfants gardent la face devant ceux des voisins.

 

 

Mais, il y aussi ceux pour qui la conversation c’est la quantité de viande qui va sortir du mouton. Si elle n’est pas au même prix que chez le boucher, ils n’achètent pas individuellement de mouton et cherchent à constituer un groupe pour partager équitablement (assahma). Egorger une vache et la partager en 7ou 9 revient moins cher, le budget investi est généralement de 18000 à 25 000 da. Les abattoirs de Jijel affichent complet. Certains doivent même attendre le deuxième jour de l’Aïd pour égorger leurs vaches.

 

 

Des Jijéliens, nombreux, ont attendu le dernier moment pour acheter leur mouton, espérant que puisque la plupart se sont orientés sur les vaches, le prix du mouton va chuter. Au contraire, il a augmenté de 10 000 da, ce jeudi après midi. Au souk du 5ème kilomètre, on a assisté à des bagarres  pour des moutons à 50 000 da, parce que c’étaient les derniers. La demande a dépassé l’offre…

 

 

Assahma ne se pratiquait pas que le jour de l’Aïd. Cela se faisait toute l’année. On partage une vache entre amis ou voisins, chacun faisant sa petite part du travail. Découpe, partage, tout est divisé et dans chaque part on trouve de tout un peu, de  la viande, du foie, des tripes. A la fin du partage, les parts sont exposées sur le sol tapissé d’herbe. Les cherka (associés) cherchent dans la prairie, le signe qui va les désigner : feuille d’olivier, morceau de bois, tige de plante sauvage. Nous les enfants, on les regardait faire la découpe. L’un des cherka nous demandait alors de placer les signes sur les sehma, sans que nous sachions à qui ils appartiennent. Les adultes sont plus loin pour que personne n’influe sur notre niya. La même méthode de partage est encore pratiquée aujourd’hui, mais sans utiliser les signes. Toutes les parts sont enveloppées dans un grand sachet de plastique noir.  

 

 

 

Le Condjador, Jijel, 25 octobre 2012

 

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