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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

DR-liberte-algerie.com

 

 

 

 

On le sait: les Algérois vivent dans une atmosphère de plus en plus irrespirable, orincipalement due à la pollution automobile. Politique de l'autruche : depuis août 2009, le réseau de surveillance Samasafia (ciel pur), mis en place en 2002, ne fonctionne plus. M'hamed Rebah revient sur ce sujet sensible.

 

 

 

 

 

 

 

 

Pollution urbaine

 

Du plomb dans l'air et tout le monde s'en fout

 

 

   

 

 

Par M’hamed Rebah, 1er octobre 2013

 

 

 

 

Le contrôle de la qualité de l’air dans les villes algériennes, quelles que soient leurs tailles, grande, petite ou moyenne, n’est, visiblement, pas assuré. Les problèmes posés par la pollution de l’air ne semblent pas retenir l’attention, alors que l’impact sur la santé des populations prend des proportions inquiétantes.

 

Dans tous les cas, le contrôle de la pollution de l’air ne bénéficie pas du même intérêt chez les pouvoirs publics que la gestion des déchets ménagers. Quasiment toutes les sorties sur le terrain, effectuées par les ministres chargés de l’Environnement qui se sont succédé ces dernières années, ont eu pour objet le problème des déchets ménagers. Sans sous-estimer la gravité de la situation créée par les difficultés à gérer les volumes d’ordures ménagères et, d’une façon plus globale, les déchets urbains, et qui fait qu’ils sont aujourd’hui la priorité dans l’action environnementale, la détérioration de la qualité de l’air respiré dans les villes algériennes demande un traitement tout aussi urgent.

 

Les études, très parcellaires, qui ont été faites par le passé, certaines remontent à plus de vingt ans, ont montré que les taux de polluants dégagés par la circulation automobile étaient largement au-dessus des seuils fixés par les institutions internationales spécialisées comme l’OMS (Organisation mondiale de la santé). Les responsables algériens sont conscients de cette situation. Pour s’en convaincre, il suffit de rappeler que Samasafia, premier réseau de surveillance de la qualité de l’air mis en place par le ministère de l’Environnement, en mai 2002, avait été inauguré par le président de la République. Les rapports officiels qui venaient d’être établis sur l’état de l’environnement en Algérie mettaient l’accent sur les effets multiples, santé, économie… provoqués chaque année par la pollution atmosphérique dans notre pays. En 2002, déjà, on estimait à 40 % la proportion des visites médicales au niveau des urgences dues à des difficultés respiratoires et à 35 % les décès des enfants dus à cette même cause.

 

Des études pointues faites dans le cadre de l’élaboration du Plan national de l’environnement et du développement durable (PNAEDD) avaient abouti à un chiffre impressionnant : l’Algérie perdait pas moins de 1,4% de son PIB, c’est-à-dire quelque 600 millions de dollars en raison de la pollution atmosphérique.  Plus de dix ans après, il n’est pas exagéré de penser que la situation a certainement empiré.

 

 

Rien ne permet aujourd’hui de mesurer l’ampleur des dégâts. Samasafia, ce système d’analyse instantanée de la qualité de l’air était censé contrôler, en quelques points, la pollution de l’air à travers la mesure de cinq principaux polluants urbains que sont les oxydes d’azote, le dioxyde de soufre, les hydrocarbures, les poussières fines et l’ozone. Il a été installé à Alger, Annaba, Oran et Skikda, et devait servir, en cas de dépassement des seuils de concentrations de polluants, à alerter les pouvoirs publics qui prendraient les mesures pour protéger les personnes sensibles et limiter les émissions de pollution. Mais il semble que tous ces points de contrôle sont maintenant inopérants, alors que les risques sont encore très grands. La proportion de véhicules qui roulent au diésel, particulièrement nocif à cause de ses dégagements toxiques, ne cesse d’augmenter.

 

 

Aucune mesure de régulation n’a pu être adoptée par les pouvoirs publics pour renverser la tendance et orienter les automobilistes vers les carburants non polluants comme le GPL, dont la consommation reste encore très faible par rapport aux potentialités du pays dans ce domaine. La relance de la surveillance de la pollution atmosphérique doit être précédée par une bonne loi sur l’air d’où découlerait tout un plan, quinquennal - puisque c’est la durée le plus couramment adoptée -, avec son budget, pour venir à bout de cette pollution.

 

Source: Reporters-dz

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