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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

La chronique du Condjador (31)

 

 

 

Les dernières bagarres entre bandes à Jijel dont la presse a parlé ont commencé après qu’un jeune de « S T E », se soit fait tabasser à Ouled-Aïssa, où son père travaille dans un café. Après cela, il ramène ses amis pour se venger de ses agresseurs. Puis ça a dégénéré, c’est un engrenage classique à Jijel, ces trois dernières années. Commencée personne contre personne, la bagarre continue bande contre bande.

 

La police n’intervient que lorsqu’on en arrive au « trouble de l’ordre public ». Mais, les gens en ont marre de se faire rejeter lorsqu’ils vont au commissariat déposer plainte. Avant toute action policière d’enquête, on exige des témoins des faits, parfois, les policiers banalisent la plainte, la victime se sent alors incomprise.

 

De plus, aujourd’hui, parmi les jeunes, déposer plainte passe pour un acte de faiblesse. Au sein d’un groupe, les jeunes se sentent plus forts et bien soutenus. C’est aussi, pour certains, une façon de garder la face, de se faire une réputation de dur, ce qui à Jijel est un bon atout pour jouer dans la cour des dealeurs de zatla et des vendeurs de comprimés.

 

Les armes blanches sont de plus en plus longues.

 

Nous avons reçu la visite à notre missa du délinquant à la parlotte facile que les médias ont baptisé « Papillon, le caïd des 40 hectares », venu acheter du vin. Le sabre derrière le dos, il passe devant un vieux de 82 ans, un habitant d’El-Milia. Pris de colère devant cette intrusion non respectueuse des lieux, le vieux lui pose la question : « Qu’est-ce que tu viens faire dans cette assemblée avec un sabre ? »   Papillon répond : « C’est pour me protéger ». On ne laisse pas ces gens-là trop s’approcher des missa tranquilles.

 

Les délinquants pour faire leur besogne ont besoin de consommer des médicaments psychotropes accompagnés de boissons alcoolisées et de zatla. Ils mélangent tout pour se donner du courage.   

 

Je parle des plus agressifs, les meneurs de bande qui se voient offrir le commerce de drogue et deviennent des pôles. Les autres membres de la bande ne font que suivre, gratter un comprimé par ci, un garo zatla par là. Ils font la sentinelle et lorsque le chef va au cabaret à Béjaïa, il emmène avec lui deux ou trois jeunes, tous frais payés.  

 

Pour les peines de prison, les nouvelles lois n’ont jamais été aussi clémentes : les peines sont courtes, avec mesure de grâce à chaque « évènement » ;  les travaux d’intérêt général, dans la plupart des cas, ne sont même pas effectués. La seule occasion où cette peine est vraiment respectée c’est lorsque les travaux se font au palais de justice. Là tout le monde a peur de tout le monde ...

 

 

 

Après la réception de cette chronique, nous avons pris connaissance d’un article de Khalid Hedna dans Sétif-info qui recoupe la chronique jijélienne sur le constat de l’étrange passivité des directives de police qui, entre de rares actions coup de poing très médiatisées, abandonnent  le « petit peuple » à la loi du plus fort sur le terrain, plaçant dans le même temps les policiers de base dans un stress de l’impuissance générant de trop fréquents suicides. (Note blog)

 

 

Les délinquants prennent le contrôle de « Boumarchi »

 

 

La cité de « Boumarchi » a été placée sous le contrôle totale d’un groupe de délinquants et ce, pendant presque une heure (entre 18h et 19h) sans que personne ne bouge le petit doigt.

 

Ces jeunes, vraisemblablement sous l’emprise des psychotropes, se sont attaqués aux automobilistes et aux passants en usant d’armes blanches , à la hauteur du pont qui relie « Boumarchi » au centre-ville.

 

Il aurait fallu l’intervention de quelques habitants de la cité pour que la situation soit rétablie à la normale. Devant cet événement du moins « insolite », beaucoup de citoyens se posent l’unique et seule interrogation : Que faisaient les policiers pendant tout ce temps ?

 

Pourtant la cité « Boumarchi » se trouve entre deux arrondissements de la police (2éme et 4éme) et à quelques encablures du siège de la direction de la sureté et de l’école de police.

 

Voilà une réalité qui ne reflète guère les chiffres et bilans avancés par les services concernés.

 

Khalid Hedna, 18 janvier 2012. Lien : Sétif-info

 

 

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