Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

"Un été d'effondrement occidental". C'est le titre d'une chronique radiophonique de Salima Ghezali consacrée au début du mois à la crise de crédibilité des systèmes de contrôle et de manipulation de l'opinion publique. Par la suite, à propos de la Syrie, les sondages ont révélé que la formidable puissance de feu médiatique déclenchée par les chefs de l'Empire occidental a lamentablement échoué.

Le retournement auquel nous assistons n'est pas essentiellement du à l'habileté diplomatique de la Russie. Il est le prolongement direct du basculement pacifiste de l'opinion au cœur même du système. L'expérience des peuples sur la longue durée leur permet dorénavant de sécréter les anticorps contre l'inoculation de l'oubli qui est la fonction principale des flots de révélations déversés par les médias de la domination. Avec de plus en plus un effet contraire au résultat habituel. Ce qui est excessif devient insignifiant. Mais pas mécaniquement. Cela peut être rendu possible par l'émergence en cours d'une alternative médiatique, a laquelle contribuent déjà, de manière capillaire, des centaines de milliers d'enquêteurs et de relais d'information, hors système. Et qui seront sans doute la prochaine cible prioritaire de la domination.

 

 

Terroristes égyptiens "non identifiés"

 

Deux heures, après l'attentat du 5 septembre dirigée contre le ministre de l'Intérieur, ce dernier est apparu à la télévision. Etablissant un lien de causalité entre cet action et la dispersion des rassemblements pro-Morsi le 14 août, Mohamed Ibrahim explique : « J’avais prévenu qu’il y aurait une vague de terrorisme. C’était prévisible ». Il accuse clairement la confrérie des Frères musulmans d'avoir inspiré l'attentat.

Cet attentat opportun a été suivi de la décision de prolonger de l’état d’urgence de deux mois. Son but est de poursuivre le démantèlement des Frères musulmans, écrit Yassin Temlali dans Maghreb Emergent. Il analyse les actions terroristes : "Le flou est, en réalité, total quant à sl’identité des groupes entrés en action il y a quelques semaines seulement pour les uns et actifs pour d’autres depuis de longues années (ceux opérant dans le Sinaï)". Il note : "La responsabilité de ces actions est imputée par la presse, majoritairement favorable au régime en place, à des « djihadistes » soutenus par des « parties étrangères » et dont l’identité n’est jamais davantage précisée. Elle est parfois imputée aux Frères musulmans. L’un des rares attentats à avoir été revendiqués est celui qui a visé le ministre de l’Intérieur il y a une semaine. Il l’a été par un groupe se donnant pour nom « Ansar Bayt al Maqdis » (les partisans de Jérusalem) mais cette revendication n’a pu être authentifiée.

"Pas authentifiée". Mais pourra-t-elle l'être? Le ministre de l'intérieur choisi par le général Al Sissi renoue avec la politique du ministre de l'intérieur de Moubarak qui faisait incendier les église coptes notamment à Alexandrie puis attribuait ces attentats aux djihadistes. La Révolution égyptienne n'a pas divulgué les "dossiers" des Moukhabarates. Cet inachévement est sans doute son principal talon d'Achille.

 

 

 

"Jeu de cache-cache" en Algérie

 

 

"le pays reste politiquement verrouillé, écrit l'éditorialiste K. Selim. Que les médias audiovisuels - y compris les chaînes algériennes «étrangères» - sont sous contrôle. Que les débats essentiels sur l'avenir du pays, son économie et ses relations avec le monde sont évacués. Alors que l'on doit s'interroger sur le risque que fait peser la perpétuation d'une gouvernance sans la société, on est ramené à l'éternel jeu de «cache-cache» à l'intérieur du régime. Et si l'on se mettait à parler des questions qui troublent, comme les Constitutions qui ne se respectent pas, l'économie qui ne décolle pas, la corruption qui s'est installée, les lois qui ne s'appliquent pas. Et des Algériens, de plus en plus nombreux, que l'on pousse encore à partir. C'est vrai, c'est la «routine», c'est moins passionnant que de parler à une «gorge profonde» qui raconte des histoires que l'on sait orientées. Mais n'est-ce pas plus sérieux à sept mois d'une élection, qui se décide sans les Algériens, de mettre le doigt sur le très visible gros nez qu'on veut nous empêcher de voir ?"

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article