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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

 

 

L'Altersommet d’Athènes s’est terminé par une manifestation dans la capitale grecque,

samedi 8 juin. Photo : Attac

 

« Depuis trois ans, Athènes et la Grèce sont le laboratoire des politiques néolibérales. Ici ont été appliquées, pour la première fois, les mesures d’austérité et les politiques extrêmes » (Stelios Fotinopolos).

 

 

A Athènes, l'«altersommet» veut poser les bases d'une autre Europe

 

 

Par Amélie Poinssot, 9 juin 2013. Athènes, correspondance Mediapart

 

Le long d'une esplanade de béton écrasée par le soleil, entre des installations monumentales, l'Altersommet a pris ses quartiers pendant deux jours, les 7 et 8 juin. Ici une piscine pleine d'eau verdâtre, là un préau à l'architecture futuriste complètement désert… L'Altersommet ne pouvait choisir meilleur endroit s'il voulait évoquer la déroute grecque : en 2004 s'est tenue ici une partie des épreuves des Jeux Olympiques, ces jeux qui ont tant contribué à la bulle économique et au gonflement de la dette, avant que la récession ne vienne brutalement frapper le pays, dès 2008.

Mais le sujet n'est pas là : la crise grecque, pour les acteurs de l'Altersommet, ce n'est plus qu'une manifestation parmi d'autres d'une crise européenne et capitaliste... Le constat est unanime, et on le retrouve, d'une discussion l'autre, au cours des différentes tables rondes.

 Pourquoi la Troïka a-t-elle mis en place cette politique d'austérité qui s'est avérée un échec complet ?, s'interroge l'économiste portugaise et membre de Bloco de Esquerda (Bloc de Gauche), Marianna Mortagua. Est-ce par incompétence ? Ou par volonté idéologique ? Je penche surtout pour la deuxième interprétation. » Ce ne sont pas les récents aveux du FMI qui vont la contredire, l'institution de Washington ayant concédé avoir commis de lourdes erreurs dans la mise en route des programmes d'austérité en Grèce (lire notre précédent article ici).

Le FMI a pourtant pris soin de rappeler les objectifs : l'institution financière n'exclut pas de nouvelles mesures budgétaires en 2015-2016. Que l'on se rassure, les prévisions de la Commission européenne, tombées le mois dernier, indiquent un retour à la croissance l'an prochain… Le gouvernement grec table lui aussi une timide reprise. L'OCDE en revanche prévoit une nouvelle année de recul du PIB en 2014, à -1,2 %.

Sur les stands de l'Altersommet, ces prévisions font plutôt sourire. Ce que les militants ont en tête, c'est surtout un taux de chômage record de 27 %, une population dont plus du tiers n'a plus aucune couverture santé, la progression vertigineuse de la pauvreté… La politique européenne est pointée du doigt : ce n'est pas tant l'euro qui est responsable de cette crise que la politique européenne,« ultralibérale et antidémocratique ». « Le principe de l'Union européenne n'était-il pas de créer un espace de libre-échange, et donc de privilégier les marchés privés sur le secteur public ? L'austérité est par principe au cœur des institutions actuelles de l'UE », assure l'économiste Ivan Ayala, membre de Econonuestra, un collectif d'économistes espagnols formé dans le sillage des Indignados.

Mais si les interlocuteurs s'accordent sur l'analyse de la crise, l'objectif, pour les 189 syndicats et mouvements sociaux présents sur le forum, est surtout de bâtir une alternative : transformer l'Union européenne, réguler l'économie financière, et pour cela, organiser la mobilisation internationale(…)

mediapart.fr

 

 

 

 

Stelios Fotinopoulos, coordinateur du groupe grec de l’organisation de l’Altersommet.

 

 

 

 

Pourquoi cet altersommet a-t-il eu lieu à Athènes ?

 

 

 

 

 

 

Depuis trois ans, Athènes et la Grèce sont le laboratoire des politiques néolibérales. Ici ont été appliquées, pour la première fois, les mesures d’austérité et les politiques extrêmes. Le peuple grec a été confronté aux attaques des institutions européennes. Conscients des grands moments du mouvement populaire européen, les Grecs y ont répondu par 25 jours de grèves ces 3 dernières années, en participant au mouvement des Indignés, en poussant deux gouvernements à la démission. Ils ont trouvé des voies alternatives pour développer la solidarité et les luttes. Voilà, je crois, les raisons principales pour lesquelles cet alter-sommet a lieu à Athènes. Nous voulons montrer qu’existe une alternative. Et qu’elle n’est ni grecque, ni italienne, ni française mais bien européenne. Nous ne pourrons gagner qu’en restant unis.

 

Quelle est la différence avec le Forum Social Européen ?

 

 

Le Forum social européen était une réponse particulière à un besoin particulier des années 2000. Il s’agissait de refonder le terreau des mouvements sociaux au niveau européen. Maintenant, le contexte est totalement différent. Les sociétés européennes vivent dans des conditions qui rappellent la deuxième guerre mondiale, avec un chômage énorme, des centaines de milliers d'immigrants vers l'Europe en quête d'un emploi, la hausse fascisme et la répression des mouvements populaires. Ce contexte est brutal ; il n’est pas pourtant de l’ordre de la théorie mais bien le quotidien de grandes parties de la société. Malgré tout, quelque chose est en train de détruire leurs plans ; quelqu'un est en train de devenir de plus en plus mature, et ce quelqu’un, c’est nous, la société, les victimes du dogme néolibéral, nous les premiers affectés et les premiers à nous révolter. La question à laquelle nous devons maintenant répondre n'est pas celle de la direction dans laquelle les mouvements doivent aller, mais avec qui, et comment. L’altersommet, comme une large coalition de centaines de mouvements sociaux, les syndicats européens et les organisations, est un grand pas en avant pour la lutte pour changer le rapport de force politique. Cet alter-sommet n’est que la première étape d’un magnifique processus.

 

 

Humanité.fr

 

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