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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

La chronique du Condjador (48)

 

 

Jijel, 31 mai 2012

 

 

 

 

Le Condjador est un pauvre type qu’on accuse d’être « contre tout », alors qu'il essaye seulement, par ses critiques, de faire bouger les choses vers le positif, c’est à dire vers le bien commun. Il veut exposer à la lumière les joueurs de l’ombre dans ces  administrations  qui écrasent les citoyens et lui parmi eux.

 

 

Ces temps-ci, ce pauvre type (le condjador) est harcelé par des coups de téléphone. D’abord chez lui, à son fixe, ensuite à son portable. Cela arrive depuis qu’il publie sur le net des textes touchant de près au fonctionnement de celles des administrations  qui brisent les bonnes idées, surtout celles qui s’occupent du foncier.

 

 

Après ça, quand on est pris pour cible, on ne cherche même pas à identifier les voix qui appellent, on comprend tout. Les harceleurs anonymes qui commençaient par « Allo, la base militaire ?», ont choisi depuis quelques temps de changer le sexe du marin. Le réparateur de filet de pêche, le khiyat, se fait donc appeler Khiyata par ces courageux lointains.

 

 

A la missa, on observe un passage fréquent de militaires. Le dénominateur commun entre ces militaires, anciens et nouveaux, c’est qu’avec eux, la polémique est souvent à son top. Ils sont bardés de certitudes. Cependant, les anciens ont davantage d’arguments et de faits, qu’ils exposent surtout après le départ des novices, lesquels, de leur côté, reprochent à leurs aînés leurs anciennes méthodes, « dépassées par le temps ». Mais, lorsque les militaires critiquent leur service, retraités, comme jeunes actifs, ils sont tous programmés pour un seul chant, avec un aide-mémoire ancré dans leurs têtes : ils ne critiquent que la bouffe, el hargma.

 

 

Je rigole, ça me plait ces échappatoires, moi qui n’attend rien d’eux, mais peut-être c’est mon « charisme » dans la missa qui leur donne cette idée de protection. Ils ont été bien entraînés et leur esprit est bien programmé, mais ce détail c’est une autre paire de manches. La seule vérité que j’ai appris de tous ces individus, c’est que nos services de sécurité des temps nouveaux (qui se faisaient appeler il y a quelques années la Sm) semblent avoir changé. Maintenant, ce sont des jeunes et des « universitaires » bien éduqués, des gens cultivés, tranquilles, compréhensifs. Ces dernières années, l’armée algérienne est devenue plus structuré administrativement. Avoir accès à toute chose, détourner ou jouer de la notoriété, cela ne semble plus fonctionner ainsi avec cette nouvelle vague de jeunes universitaires réformateurs. Aujourd’hui, au foyer, même la chema ne peut pas être détournée, le sachet est tamponné.  

 

 

Pour résumer, moi le condjador, el khiyate, je pardonne à la femme et aux autres courageux anonymes qui n’arrêtent pas de me déranger sur mon téléphone fixe, chez moi à la maison ou sur mon portable. J'aimerais quand même leur dire une chose : je ne ferais jamais marche arrière. Je continue sur le même chemin. Je critiquerai tout qui ne marche pas dans le chemin du bien de cette willaya de Jijel et du zoufri et compagnie.

 

 

« Je vis dans le bénéfice », aiche fel fayda, ce n’est pas des coups de téléphone qui vont me déranger. Il y a le bouton OF.  Je me rappelle avoir été mis à terre et tabassé par un groupe de policiers du Village Moussa, à 01heure du matin un jour de 1996, ils m’ont ensuite refusé le droit d'aller à hôpital, à 500 m du lieu de l'agression. J’avais compris dès cette époque : on m’avait utilisé comme cobaye pour faire peur aux autres habitants du quartier, les dissuader de veiller, leur interdire la sahra. Nous somme en 2012 et je suis encore là, tous les jours et pour longtemps, comme disait Papillon avant de se jeter dans les vagues.  Je suis toujours vivant, bande de ...

 

Village-Moussa, Jijel, 31 mai 2012

 

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