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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

Par Saoudi Abdelaziz, 12 août 2013

 

 

 

Comment expliquer l'extraordinaire mépris anti-salarial qui fleurit depuis quelque temps dans le champs médiatique? C'est devenu le fonds de commerce favori de la dérision chroniqueuse. Derrière ces tirs de barrage médiatiques, on voit se profiler les contours d'une offensive plus sérieuse, où comme l'explique Ammar Belhimer, il s'agit de plier le salariat algérien à de nouvelles normes néolibérales.

 

 

B. Mahdi affirme dans le sérieux Maghreb Emergent que les "entreprises algériennes" étant en sureffectifs, il ne faut plus s'encombrer des poids morts. Sur le mode de la dérision, il propose de les « retirer » des entreprises et de créer pour eux un « Fonds national des mis en retrait » financé par le Trésor.

 

 

"Le secteur public prévoit une baisse de ses effectifs", annonce l'enquête publiée avant hier par l'Office nationale des statistiques. Est-ce déjà le délestage des sureffectifs proposé par B. Mahdi? Cela n'a rien à voir. L'ONS a tout simplement observé un "net recul de la production industrielle" durant le 1er trimestre 2013, qui n'arrive pas à satisfaire la demande en produits manufacturés, qui a tendance à s'accroître depuis 2011. L'enquête affirme que pour les chefs d'entreprises interrogés les causes de cette incapacité à produire suffisamment sont : l'approvisionnement insuffisant  en matières premières, dont les ruptures de stocks entraînent  de nombreux arrêts de travail. Cette enquête menée par l’ONS en 2012 a mentionné en outre d’autres contraintes qui ont freiné la production notamment les pannes d’électricité, l’approvisionnement en eau, et le manque de qualification du personnel, la vétusté des équipements…

 

 

Le patron des patrons, Réda Hamiani dans une interview ce matin sur TSA n'évoque aucun de ces obstacles concrets. Il se limite au nouveau discours industriel officiel : "L’augmentation de salaires et du niveau de vie ne profitent pas à la production locale. Le surcroit de revenus s’est traduit par un surcroit de consommation importée. Donc, il faudrait donner un coup d’accélérateur à toutes les politiques industrielles nationales". CQFD. Mais que faire pour aller dans cette bonne direction? Le président du FC est très évasif, ces choses se décident à huis clos avec M. Rahmani : "Nous avions présenté plusieurs mesures dont beaucoup ont été acceptées par nos autorités".

 

 

A quelques semaines de la Tripartite, le président du FCE semble surtout se préoccuper de mettre sur la défensive les salariés: il faut en effet les écarter du débat sur les obstacles à l'essor industriel et rester en tête à tête avec l'accommodant Sidi Saïd. Est-ce uniquement par simple instinct de classe, que le patron choisit de participer au concert de croassements contre la paresse de la force de travail : "Il y a un laisser-aller et un manque de volonté des acteurs économiques qui considèrent le mois de Ramadan comme un congé annuel bis". Pourquoi Réda Hamiani en tournant ainsi le dos à ses partenaires sociaux, n'avoue-t-il pas franchement -avant la Tripartite où il va trinquer avec son compère Sidi Saïd-que son intention est d'en finir avec le salaire minimum et avec les freins législatifs au licenciement.

 

 

L'autre front social néolibéral de l'été a été ouvert par La Banque mondiale dont l'expert M. Jaime Saavedra met en cause les subventions aux produits alimentaires: farine, lait, huile, sucre, légumes secs, entorses "perverses" à la vérité des prix. Il est catégorique : « Mal conçus et opaques, les programmes de subventions aux denrées alimentaires ne soulagent absolument pas les pauvres." A suivre.

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