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Publié par Saoudi Abdelaziz

Les horaires d'ouverture sont de 9h-12h et 13h-16h30. En général, on ferme entre 12 à 13h. On ferme aussi les vendredis et les dimanches matin. Cette situation n'incite guère les citoyens à aller au musée, note l’intéressante enquête publié aujourd’hui dans le Temps d’Algérie. Les musées sont aussi déconnectés de l’éducation artistique dans les écoles et absent du paysage médiatique, notamment à la télé. La désaffection du public suit. On y apprend par exemple qu’au Musée national des antiquités la fréquentation, déjà habituellement dérisoire, est passée de 5848 en 2006 à 4237 en 2010 ! Texte intégral.

 

 

 

 Nos musées n’attirent pas les visiteurs


 

Les musées d'Alger restent peu visités par le grand public, particulièrement les écoliers. Les écoles qui prévoient des sorties dans les musées restent très rares et pendant les vacances d'hiver, la plupart des  parents n'ont pas pensé à des sorties familiales avec leurs enfants.

 

Une tournée dans les différents musées de la capitale s'est terminée par un constat malheureux car ils sont pratiquement tout le temps vides. Les visites des groupes scolaires s'accentueront surtout durant le mois du patrimoine, du 18 avril au 18 mai. «Nous invitons les écoles à venir au musée où il y aura des ateliers de dessin, de peinture et de mosaïque. Nous avons même effectué des expositions itinérantes au niveau des écoles. Cette opération aura un écho juste pour une durée limitée», nous fait savoir Mme Houria Cherid, directrice du Musée  national des antiquités. En passant le seuil de la première salle de ce musée, on constate vite qu'aucun visiteur n'est présent. Un peu plus tard, Yasmine, une petite fille de 8 ans, accompagnée de sa maman et de sa grand-mère, fait son entrée pour la première fois au Musée des antiquités.

 

«Cette fois-ci, je vais visiter le Musée des antiquités, je sais que c'est un musée différent de celui du Moudjahid que j'ai déjà visité pendant les vacances d'hiver. On m'a dit qu'il y a des objets très anciens», nous a déclaré  cette jeune écolière en troisième année primaire. Pour les vacances, ses parents lui ont tracé un programme original et unique dans son genre, une visite des différents musées d'Alger. 

 

«J'insiste pour amener ma fille visiter des musées, bien qu'à son âge, je sais qu'elle ne va pas assimiler tout cela, mais ce sera surtout pour plus tard. Je suis sûre que toutes ces images vont rester gravées dans sa mémoire. Mon objectif est de lui imprégner la culture muséale que j'avais acquise de ma mère», nous révèle sa maman.

Avec sa petite taille et sa sympathie, l'enfant s'est montrée curieuse et avide de connaître tous les détails concernant les objets exposés. Des explications lui ont été fournies par sa maman ainsi que sa grand-mère. Yasmine n'hésite pas à poser des questions. Parfois elle prend même la peine de lire les étiquettes qui se trouvent près de l'objet.

 

Dans la salle du marbre, la petite est très contente de découvrir les statues, mais elle remarque que certaines d'entre elles sont «handicapées». Même si certains établissements prennent l'initiative de programmer des sorties, leur nombre reste très limité. A cet égard, certains parents  comblent ce manque, comme l'affirme Nadia,  mère de trois enfants, que nous avons rencontrée au Musée national des antiquités. «J'essaye de compléter ce que l'école n'a pas fait, alors que c'est son rôle fondamental. Nous en tant que parents, nous essayons de les intéresser par les livres et ces sorties aux musées (...) En regardant la télévision, je constate qu'il y a un manque d'information surtout dans les médias lourds. Quand ils annoncent une manifestation culturelle, on a l'impression que notre pays se limite uniquement à la chanson. Et la culture muséale, elle est où ?», interroge-t-elle.


De moins en moins de visiteurs au Musée des antiquités

 

Le Musée national des antiquités enregistre une diminution constante du nombre de visiteurs. En effet, en 2006, le nombre de visiteurs était de 5848 alors qu'en 2010, il a régressé à  4237.

 

Selon la responsable d'animation, Mme Fatiha Amar, cette diminution est liée à l'endroit.  «Il y a beaucoup de gens qui passent par cette place mais ils ignorent que c'est un musée, donc il passe inaperçu». A cet effet, une plaque  a été ajoutée, il y a environ une année. De son côté, la directrice du musée pense qu’«avant de parler des visiteurs, on devrait poser la question : est-ce qu'on à une culture muséale ? Les musées comme celui des arts modernes et populaires sont plus près des citoyens donc ils le connaissent, mais lorsqu'il s'agit des monuments historiques, les gens ne viennent pas malheureusement». Elle ajoute aussi que «les travaux de restauration ont ralenti l'activité culturelle du musée comme l'organisation des expositions».


Les musées ferment de 12h à 13h et le week- end

 

Généralement, les musées ferment tous les jours de 12 à 13h, les vendredis et les dimanches matin, c'est le cas pour le Musée national  des antiquités et le Bastion 23. Cette situation n'encourage guère les citoyens à venir visiter les musées sachant qu'ils sont plus libres soit en fin de journée soit le week-end.

 

Quant aux horaires d'ouverture, ils sont de 9h-12h et 13h-16h30. Contrairement aux pays voisins, certains musées sont ouverts jusqu'à minuit et les week-ends. On se demande pourquoi on ne pense pas à changer ces horaires qui n'arrangent personne. Est-il normal qu'au moment où un visiteur est attiré par un tableau, l'agent le prie de quitter la salle et de revenir avec le même billet une heure après ? Pour la plupart des musées, les visites guidées se font pour les groupes scolaires et les délégations officielles mais pas pour les citoyens nationaux et étrangers. Il faut savoir qu'on ne trouve pas de spécialistes pour cette tache dans les musées comme nous l'explique Mme Amar, responsable de l'animation au Musée national des antiquités. «Nous proposons les visites guidées uniquement pour les groupes scolaires et les délégations officielles.» 

 

Pour sa part, M. Youcef Bouassel, attaché de conservation et de valorisation au Bastion 23, réaffirme cette vérité. Il ajoute par ailleurs que «généralement, nous mettons des indications dans le palais, par exemple, ce que veut dire un hammam, un patio etc., mais s'il y a des visiteurs qui insistent pour avoir des explications, on leur fait cette faveur. Cette visite guidée sera faite par des employés du palais car il n'existe pas spécialement un poste pour ça». Il faut savoir qu'il n'existe même pas un tarif destiné aux visites guidées.

 

Ce genre de visite, on le trouvait au musée du Bardo où le citoyen payait 100 DA pour une visite guidée. Certains visiteurs sont déçus par ce manque. C'est le cas de cette mère rencontrée au Musée national des antiquités qui regrette : «C'est dommage qu'on ne trouve pas de guide pour donner des explications aux enfants. C'est vrai qu'il y a des indications mais ça aurait été un plus.»


Certains musées accueillent quand même quelques visiteurs

 

Le palais Mustapha Pacha qui prend aujourd'hui le nom du Musée national de l'enluminure de la miniature et de la calligraphie et le Palais des raïs (Bastion 23) semblent être mieux gérés car ils programment des activités pour attirer les visiteurs.

Au Musée national de l'enluminure de la miniature et de la calligraphie l'entrée est gratuite, sans fermeture totale entre 12h et 13h. Des visites guidées y sont dirigées par le personnel du musée, nous a-t-on dit. Sachant que peu d'écoliers visitent ce palais, la direction de ce musée prend des initiatives. «Notre rôle est de prendre des mesures pour susciter l'intérêt et la curiosité de ces petits écoliers afin de leur inculquer cette culture.

C'est vrai aujourd'hui que les écoles manquent de ce genre d'activités. Jusqu'à présent, ce sont des initiatives personnelles», nous affirme M. Mustapha Belkahla, directeur du musée. Un seul groupe de lycéens  a visité le musée pendant ces vacances.

A propos de la culture muséale, le directeur ajoute que «la responsabilité incombe surtout aux chefs d'établissement. C'est très important, voire obligatoire que ces élèves sachent et apprennent ce qu'est un musée et ce qu'il contient. A travers ces sites, ils comprennent leur patrimoine culturel. Hormis la musique, la culture est vaste, riche et diversifiée».

Au Bastion 23, la direction travaille également pour inculquer la culture muséale aux enfants, pas uniquement lors du mois du patrimoine, mais  tout au long de l'année, comme nous le confirme M. Bouassel, attaché de conservation et de valorisation.

«Le musée organise à chaque occasion des manifestations culturelles comme des pièces théâtrales et des ateliers de musique avec les écoles et les associations. Ces ateliers sont des moyens de divertissement pour les enfants qui auront également l'opportunité de visiter le musée.»

 

Des travaux inachevés

 

Les travaux entamés au deuxième trimestre de l'année 2009 au niveau du musée du Bardo ne se sont pas encore terminés alors qu'en principe, ils devaient être achevés au mois de décembre 2011. Le musée reste fermé à ce jour. D'autres travaux de restauration n'ont pas été terminés au niveau du palais de Dar El Bey  qui se situe à Bab Jdid.     

 

 

H. T. 4 janvier 2011. Le Temps d’Algérie

 

 

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