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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

Transparency International, l’organisation civile internationale ayant pour vocation de mener et coordonner la lutte contre la corruption au niveau mondial, a publié son rapport le 1er décembre 2011. La corruption est définie, dans le cadre de ce rapport, comme « l’abus d’un pouvoir accordé, à des fins privés », et par conséquent comme l’atteinte à la vie, au bien-être ou au bonheur d’êtres humains par des personnes en position d’autorité. Le rapport classe l’Algérie en 112e position sur un total de 182 pays. Le pays a perdu 7 places en une année.

  

Le rapport de Transparency International, intitulé « Corruption Perception Index 2011 », nous informe que le fléau de la corruption du secteur public touche tous les continents. La corruption est globalement perçue comme plus significative dans les pays du Sud. Il n’en reste pas moins que les pays occidentaux, souffrant de la crise et voyant les légitimités de leurs gouvernements remises en question par des scandales financiers et des affaires de mœurs, ont obtenu des notes qui peuvent être ressenties comme des avertissements. Les Printemps arabes ou le mouvement des Indignés sont autant de preuves de l’augmentation de la vigilance des citoyens à l’égard de la corruption de leurs régimes.

 

183 pays et territoires se voient ainsi attribuer un « Indice de Perception de la Corruption » (IPC). Il correspond à une note décroissant avec l’augmentation de la perception de la corruption dans le secteur public, c’est-à-dire impliquant des fonctionnaires ou des politiciens. Une note de 10 indique que le pays est perçu comme complètement transparent, alors qu’un 0 est révélateur d’une corruption systémique. Il est également considéré qu’une note en dessous de 3 témoigne d’un très haut niveau de corruption. Les pays sont ensuite classés par rapport à cette note.

 

 L’IPC est un indice composite basé sur des résultats d’enquêtes et sondages, ou des données collectées par treize institutions jugées « de bonnes réputations ». Les données ont été rassemblées entre 2009 et 2011 et portent principalement sur les aspects suivant : les pots-de-vin prélevés par les fonctionnaires, les détournements d’argent, les malversations ainsi que l’existence et l’efficacité de mesures anti-corruption en vigueur ou non dans le pays considéré. Cependant la corruption du secteur public est généralement étroitement associée à des activités illégales, révélées suite aux scandales médiatiques qu’elles engendreraient occasionnellement. Le terme « perception » (de la corruption), est de ce fait approprié, l’IPC n’étant pas une mesure définitive et exacte de la corruption. Il ne s’agit donc pas d’une science exacte, comme la forme d’un classement avec une note aurait pu y laissé croire, mais bien d’une estimation avec des marges d’erreur.

Transparency International nous avertit également que la comparaison du classement d’un pays sur l’échelle du temps, n’est pas une démarche rigoureuse. Elle ne doit donc pas permettre aux lecteurs de tirer des conclusions significatives sur l’évolution de la perception de la corruption dans un pays, et ce pour plusieurs raisons. Le nombre de pays inclus dans le classement évolue avec une tendance à la hausse : celui-ci comportait ainsi 178 pays en 2010 et 133 en 2003. La relativité du classement implique que la perception de la corruption régnant dans un pays donné est dépendante de l’évolution de la perception de cette corruption dans un autre pays. Transparency International nous invite à compléter nos conclusions, suite à la lecture de ce rapport, avec d’autres de ses publications, notamment National Integrity System assessments (NIS) : un ensemble d’études locales, par pays, qui évalue de manière critique le fonctionnement des institutions supposées établir le respect du droit et du principe de la bonne gouvernance.

On constate que les pays du Nord affichent globalement un meilleur classement que les pays du Sud. Force est de constater que peu de pays présentent une note suffisamment élevée pour se prétendre épargnés du fléau de la corruption qui sévit sur tous les continents. La France est positionnée à la 25e place, juste après les États-Unis, avec une note de 7.


Ce serait davantage la vigilance des citoyens vis-à-vis de la corruption qui aurait augmenté ces dernières années que la corruption en elle-même. On peut donner l’exemple des manifestations dans les pays arabes. Parmi les revendications des manifestants, du Qatar au Maroc, se trouvaient invariablement une forme de contestation de la corruption. La Libye et l’Égypte ont respectivement obtenues les notes de 2 et de 2.9. On peut constater un phénomène similaire à travers l’analyse des causes à la base du mouvement des Indignés en Occident. De nombreux manifestants ont critiqué les mesures de rigueur imposées à la population, alors que le montant des évasions fiscales effectuées par les plus aisés est considérable, et serait estimé à presque trente milliards de dollars en France.

 

L’Association algérienne de lutte contre la corruption (AACC), présidée par Belkacem Hadjadj, affirme dans un communiqué que les mauvais résultats de l’Algérie, pour la neuvième année consécutive, ne sont pas une surprise. «Ces dernières années ayant été marquées non seulement par une explosion des affaires de grande corruption, mais aussi par une totale absence de volonté politique du pouvoir à lutter contre la corruption»

 

Le communiqué de l’AACC observe : «Le pouvoir algérien ne fait pas uniquement semblant de lutter contre la corruption – ce qui ne trompe plus personne –, il s’acharne surtout à combattre les organisations et les militants politiques et associatifs qui dénoncent la corruption et essaient de multiplier les initiatives pour la contrer.»

Source : presse nationale et étrangère.

 

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