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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

La France veut conclure «un partenariat stratégique» avec l’Algérie, centré sur les domaines économique, éducatif, énergétique et «pourquoi pas militaire», a déclaré hier le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius. Selon El Watan, Il révèle aussi que les autorités algériennes souhaitent la même chose : «Les Algériens ne souhaitent absolument pas qu’on fasse un voyage tourné vers le passé.»

     

 



DR-François Mitterrand à Alger en décembre 1981 

 

 

Le signal de cette nouvelle ère avait été donné après l’élection de François Hollande, qu’on attendrait à Alger pour décembre prochain. François Hollande, fidèle Mitterrandien va effectuer un remake, à quelques jours près (Mitterrand est lui aussi venu à Alger au mois de décembre)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Notre blog avait commenté en juin dernier l’annonce de cette opération de séduction. Nous republions ce  commentaire.

 

 

 

France-Algérie : encore une réconciliation ?

 

 

 

     

 

 

Laurent Fabius est attendu en Algérie. Dominique de Villepin appelle à une « une réconciliation historique » entre la France et l’Algérie. Ce matin, les journaux algériens titrent d’abondance sur le sujet. Cela déclenche forcément des souvenirs.

 

Les politiciens ont la mémoire courte, nos médias aussi, car on s’est déjà réconcilié !

 

Rappelez-vous, Laurent Fabius lui-même avait activement participé, il y a trente ans, avec son compère Jacques Attali, à la préparation de la très fameuse réconciliation historique, conclue entre Chadli Bendjedid et François Mitterrand. Dès novembre 1981, quelques moins après son élection, le nouveau président français est accueilli en grandes pompes à Alger et va même déposer des fleurs à El Alia sur la tombe de Houari Boumediene. Les nouvelles relations baigneront dans l’oubli historique et une atmosphère idyllique.

 

Le prix du baril de pétrole n’arrêtait pas de grimper. Les importations de produits français grimpent vertigineusement. Les devises pompées par nos prédateurs sont placées ou investies en France, où elles sont accueillies avec bienveillance.

 

En cette première moitié des années 80, ce fut donc une belle réconciliation.

 

Paris était devenu le lieu de week-end habituel des gouvernants algériens qui ont commencé, dès cette époque, à y acquérir leurs pieds à terre. Même l’élite intellectuelle et artistique n’était pas oubliée dans la distribution des devises. C’était aussi l’époque bénie des bourses d’études, avec la bagnole assurée au retour. Pour les Algériens des couches moyennes, c’était le temps de la « vie meilleure » et des copieuses allocations de devises. Avant la chute du baril et le signal des manifestations de 1986 à Constantine, puis de 1988 dans tout le pays.

 

Mais il n’y avait pas que les plaisirs économiques.

 

En ces temps-là, on avait l’impression que l’Etat algérien, entraîné dans le tourbillon de la belle vie et des mondanités libérales, avait abandonné toute méfiance à l’égard de l’ancienne puissance dominante. François Mitterrand, le ministre de l’intransigeance « Algérie française » des années 50, est devenu le parrain du chadlisme. Les accords stratégiques sensibles se multiplient entre les deux états : relance de la coopération militaire, formation de policiers algériens en France. Cette francophilie aigüe va même pousser Chadli Bendjedid à demander à son nouvel ami de lui former une garde républicaine présidentielle, à l’image du GIGN que Mitterrand avait créé pour asseoir le présidentialisme policier qui connaîtra son apogée sous Sarkozy. Cette unité spéciale sera formée à Aix-en-Provence et prendra le nom de GIS. Pour l’histoire rappelons que l’assassin de Mohamed Boudiaf en faisait partie.

 

La dernière réconciliation algéro-française a marqué le départ de la révision néolibérale dans notre pays et de trente années de désastre national : ouverture débridée aux produits étrangers accompagnée de la liquidation des capacités nationales de production, inégalités sociales vertigineuses. La manière dont les relations entre les deux pays ont été nouées est un des facteurs décisifs de ce désastre.

 

En attendant, petite proposition pour les réconciliateurs. S’il vous plaît, faites que la compagnie Renault accepte de créer son usine à Jijel, c'est-à-dire de respecter nos besoin nationaux d’aménagement du territoire.

   

 

Saoudi Abdelaziz, 28 juin 2012

 

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