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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

                                                   "L’état d’esprit de tous, citoyens et responsables, est ailleurs".

 

 

Par M'hamed Rebah, 7 novembre 2013

 

 

L’installation d’Abdelkader Zoukh dans ses fonctions de nouveau wali d’Alger a donné l’occasion au ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Tayeb Belaïz, d’aborder des questions qui concernent la gestion des villes en Algérie.

 

Pour le moment, personne n’attend que la ville algérienne ressemble à un eldorado, mais l’exigence d’une amélioration immédiate est fortement ressentie chez tous. La capitale, vitrine du pays, mais aussi les autres agglomérations restent soumises au triptyque : saleté, pollution et bruit. Ce n’est pas la volonté de «rénover» qui manque chez les autorités, elle est exprimée à chaque occasion, ni les budgets d’ailleurs – «il n’y a pas de problème de financement» est devenu un leitmotiv dans le discours officiel –, pourtant la situation a tendance à se dégrader, tout le monde le constate.

 

Au centre d’Alger, il suffit de voir le piteux état des trottoirs pour s’en convaincre : sales et défoncés. L’incivisme qui se manifeste particulièrement par le bruit (klaxons intempestifs, derboukas dans les jardins publics…) et la salubrité (crachats, déchets sur la voie publique) ne se heurte à aucune réglementation contraignante ni une quelconque action de sensibilisation et d’éducation. Les gens se comportent comme si ce n’était pas «leur» ville et les autorités laissent faire, comme si elles n’étaient pas concernées. Résultat : un environnement dégradé qui s’ajoute aux autres motifs du malaise urbain grandissant, comme l’insécurité et la bureaucratie «absurde» pour ne reprendre que ceux qui ont été cités par le ministre d’Etat.

 

Pour donner à Alger et aux autres villes un aspect écologique qui les rend agréables à vivre, diverses solutions ont été proposées, mais il n’y a qu’une seule voie à emprunter : la démocratie participative, un concept visiblement incompris, mais dont se gargarisent les candidats aux élections locales durant la campagne électorale pour vite l’oublier, une fois élus. Le ministre d’Etat a «invité les responsables locaux dont les walis délégués et présidents d’Assemblées populaires communales (APC) à associer le citoyen à la prise de décisions le concernant conformément au code communal qui souligne le droit du citoyen à assister aux délibérations des APC et des Assemblées de wilaya, et à faire valoir ses objections concernant les décisions prises», a-t-on appris lors de la cérémonie d’installation du nouveau wali d’Alger. Encore faut-il que toutes les décisions qui concernent le citoyen fassent l’objet d’une délibération légale. «Le citoyen est en droit de déposer plainte auprès des tribunaux administratifs en cas de nécessité», a-t-il ajouté. Le ministre d’Etat sera-t-il lui-même écouté par les élus locaux et les autres responsables, à divers niveaux, qui ont la charge de gérer les villes ? Il faut également s’interroger sur le rôle des directeurs de l’environnement au niveau des wilayas. Quel poids ont-ils au sein de l’Exécutif ?

 

En fait, la priorité dans la gestion des villes n’a pas changé depuis plusieurs années, elle est accordée aux activités qui rapportent, c’est-à-dire commerciales ou dites de loisirs sponsorisées, et tout l’espace public, enlevé aux habitants et aux passants, leur est réservé. L’écologie, qui demande beaucoup d’espaces verts et moins de nuisances sonores, dans un décor évidemment propre, reste la cinquième roue de la charrette.

Les lieux qui accueillent le public - établissements scolaires et de santé, mais aussi les marchés - pourraient devenir des îlots verts exempts de nuisances (déchets, pollution de l’air, bruit), et produire un effet d’entraînement sur le reste, mais l’état d’esprit de tous, citoyens et responsables, est ailleurs.

 

Source: Reporters-dz

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