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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

 

DR-Sebkhet Sefioune, à 40 kms de Ouargla

 

  

  

Faisant écho aux alertes de Karim Tedjini familières à nos lecteurs, notamment pour la sauvergarde de Gherbès Sanhadja près de Skikda, le coup de projecteur de M'hamed Rebah sur les dix zones humides de la wilaya de Ouargla, s'accompagne d'un appel en vue "d'une gestion rationnelle et durable"  des 50 zones humides algériennes reconnus d’importance internationale.

 

 

Ecosystèmes exceptionnels menacés

 

L’été avec ses températures caniculaires oriente la vigilance vers les forêts soumises au risque d’incendies. Accessoirement, les eaux usées et les déchets font l’objet également d’une attention particulière, mais pour s’intéresser aux zones humides, il faut une très bonne raison qui sorte de l’ordinaire.

 

C’est sans doute le cas pour la wilaya d’Ouargla qui, en plus, ne doit pas disposer de forêts à surveiller. La Conservation des forêts de la wilaya vient de lancer une alerte sur les menaces qui pèsent sur les zones humides, en particulier le lac Tataouine, dans la commune de Nezla, dont le périmètre, en principe protégé, est devenu le réceptacle de toutes sortes de détritus.

 

Même constat, apprend-on, dans la zone humide du lac Merdjadja, tout proche, transformé en marécage boueux. Il ne s’agit pas de sites désertiques totalement abandonnés, mais de lieux très fréquentés par les familles de la région et par des visiteurs venus de plus loin à la recherche d’un endroit de fraîcheur, d’ombre et de détente, rare en ambiance climatique aride.

 

Les dix zones humides qui se trouvent sur le territoire de la wilaya d’Ouargla constituent des zones de transit et de nidification de diverses espèces d’oiseaux migrateurs (flamand rose, héron cendré, cigogne blanche, petit gravelot, Tadorne Casarca et autres) venant de pays européens durant la saison hivernale. Trois zones (Aïn El Beida, Oum Raneb et Sidi Slimane) sont classées, depuis 2003, sur la liste de la convention de Ramsar relative aux zones humides d’importance internationale et deux autres sont en voie de classement sur cette liste (Témacine et de Sebkhet Sefioune dans la commune de N’goussa). Des aménagements sont prévus dans les zones humides de la wilaya d’Ouargla (éclairage, irrigation, kiosques multiservices, parking auto…) certainement pour les rentabiliser en y introduisant « l’économie marchande » fondée sur le profit qui ignore le plus souvent l’écologie.

 

Il faut souhaiter que les écologistes de cette wilaya interviennent pour empêcher que cette logique du profit l’emporte sur les considérations écologiques. Les zones humides ne sont pas n’importe quel écosystème. Les zones humides sont considérées comme les berceaux de la biodiversité sur la planète. Ces écosystèmes sont parmi les milieux naturels les plus productifs du monde et fournissent l’eau et les produits primaires dont dépendent, pour leur survie, des espèces innombrables de plantes et d’animaux. Dans une zone humide, l’eau est le principal facteur qui contrôle le milieu naturel et la vie animale et végétale associée. On y trouve des concentrations élevées d’oiseaux, de mammifères, de reptiles, d’amphibiens, de poissons et d’invertébrés. Elles ont fait l’objet d’un traité intergouvernemental signé le 2 février 1971, dans la ville iranienne de Ramsar, au bord de la mer Caspienne.

 

C’est ce qui est connu sous le nom de Convention sur les zones humides, ou Convention Ramsar, entrée en vigueur en 1975 et ratifiée par l’Algérie en 1982. Elle sert de cadre à l’action nationale et à la coopération internationale pour la conservation et l’utilisation rationnelle de ces sites et de leurs ressources. Selon la définition donnée par la Convention de Ramsar, les zones humides sont des étendues de marais, de fagnes, de tourbières ou d’eaux naturelles ou artificielles, permanentes ou temporaires, où l’eau est statique ou courante, douce, saumâtre ou salée et sa profondeur n’excède pas six mètres. L’Algérie en compte environ 1700, recensées par la Direction générale des forêts. Ce n’est pas seulement ce nombre qui compte, mais aussi leur intérêt particulier qui vient du fait qu’en Algérie, les zones humides occupent une position stratégique sur les deux grandes voies de migrations internationales des oiseaux et qu’elles constituent des sites d’hivernage et de reproduction de première importance entre la mer Méditerranée et le Sahara. La liste Ramsar, qui comprend les zones humides d’importance internationale, comprend 50 sites algériens (totalisant 2 991 013 hectares), dont dix devaient être dotées d’un plan de gestion assurant leur gestion rationnelle et durable.

 

 

 

 

 

M'hamed Rebah, 16 août 2013

Source : Reporters-dz

 

 

 

 

 

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