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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

Aït Ahmed : «d’abord restaurer la confiance»

 

 

 

Dans sa récente interview au journal La Nation, Hocine Aït Ahmed s’exprime sur la situation nouvelle créée par les soulèvements des peuples. En voici quelques extraits.

 

 

 

 

 

« La première et la plus formidable victoire de ce soulèvement des sociétés est d’abord dans l’affirmation d’une idée jusque là interdite : C’est aux dirigeants de plaire à leurs peuples et non le contraire. C’est aux dirigeants de faire la preuve qu’ils aiment leur pays et qu’ils méritent la confiance de leurs peuples. Ce n’est pas aux peuples de faire tous les matins la preuve de leur patriotisme en se mettant au garde à vous devant des despotes. Le printemps de Tunis et la formidable mobilisation du peuple égyptien ont offert à tout le monde arabe ce cadeau inestimable (…)

 

 

 

 

« Il manque la volonté de faire les choses sérieusement. Il ya trop de mensonges, de dribbles, de jeux malsains. Ce pays croule sous les manigances et les coups tordus. Et au milieu de tout cela une incroyable légèreté dans la gestion de cette colère qui gronde. On dirait que le pouvoir n’est même plus capable de prendre la mesure de tout ce qui a été gâché. Les vrais décideurs ont toujours imposé le savoir-faire de la police politique, sans oublier le rôle et la longue expérience de Bouteflika dans l’art de faire échec par la ruse et la violence à toute possibilité de démocratisation. Quand il n’y a plus de confiance, il faut d’abord restaurer la confiance. On n’imagine pas un dialogue sans ce préalable (...).

 

 

 

 

« Encadrer la population est une entreprise de titan quand un travail de sape permanent fait croire que les divergences entre partis politiques, entre militants, entre élus sont de simples histoires de jalousie et de h’ssad ! Certes, cela existe, mais il y a surtout cette ligne de fracture qui partage les militants intègres des militants qui fricotent avec la police politique ou avec les milieux de la corruption. En l’absence de possibilité de faire objectivement la part des choses, mais surtout à cause de l’alignement de l’administration sur les ripoux ! La population reste en retrait entre deux émeutes. Par crainte de se tromper autant que par crainte des représailles de toutes sortes. Ce "terrorisme" là est de plus en plus puissant. Il est entretenu et encouragé par le système de pouvoir.
A titre d’exemple Prenez l’Affaire Khaliffa. De Moumène Khalifa au petit délinquant de quartier, il ya une " chaine de commandement " qui va des bureaux somptueux de la " Nomenklatura " de l’état ou des " barrons" du système aux cités populaires ou aux bidonvilles. Une population sans recours et exclue de toutes les médiations "normales " offre son contingent de victimes et de coupables. Hier elle fournissait les maquis, aujourd’hui elle fournit les troupes de la criminalité. Voilà où nous en sommes 50 ans après l’Indépendance. Sous la colonisation, les jeunes algériens pauvres étaient enrôlés de force dans les contingents de l’armée coloniale, aujourd’hui ils sont livrés à la maffia (…).

 

http://www.lanation.info/Entretien-avec-Hocine-AIT-AHMED-Le-systeme-encourage-la-depolitisation_a113.html

 

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