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Publié par Saoudi Abdelaziz

Une foule de Palestiniens portent la dépouille d'Ahmed Jabari, chef militaire du Hamas, lors de ses funérailles à Gaza City, le 15 novembre.

DR-Une foule de Palestiniens portent la dépouille d'Ahmed Jabari,

 

Les images de la mort d'Ahmed Jabari - sa voiture bombardée de plein fouet-ont été immédiatement diffusées sur Twitter par l’Armée israélienne, peu après l'attaque, accompagnées d'un message laconique : "Ahmed Jabari : Eliminated." Dès lors, difficile pour le Hamas d'envisager une quelconque trêve.

 

Gershon Baskin, coprésident du Israel Palestine Center for Research and Information, qui a servi de médiateur pour la libération du soldat franco-israélien Gilad Shalit fait des révélations au New-York Times sur les dessous de l’opération israélienne. Armin Arefi en rend compte dans le journal Le Point. Extraits :

 

 

 

COMMENT ISRAËL A PIGE LE HAMAS

 

 

 

(...)"Des négociations indirectes avec Ahmed Jabari ont été conduites par l'intermédiaire de mon homologue du Hamas, Ghazi Hama, chef adjoint de la diplomatie du Hamas, qui avait reçu l'autorisation de M. Jabari pour négocier directement avec moi", explique au New York Times Gershon Baskin.

Le lundi 12 novembre, après plusieurs jours de discussions, Ghazi Hama et Gershon Baskin acceptent l'idée d'un pré-acccord sur un cessez-le-feu étendu et durable entre les deux camps. Il inclut les "mécanismes de vérification des intentions et d'assurance de la conformité" du futur accord. "D'autres leaders-clés du Hamas et des membres du Conseil de la choura, l'organe de décision à Gaza, supportent l'initiative, car, comme Jabari, ils ont compris la futilité des attaques successives de roquettes contre Israël qui ne causent pas de véritables dommages tout en entraînant des dizaines de victimes à Gaza", assure Gershon Baskin.

 

Mise en scène

 

D'après le médiateur, de hauts responsables israéliens étaient au courant de l'initiative. "Dans l'ébauche d'accord que Jabari aurait reçue plusieurs heures avant sa mort, il était proposé que les informations des renseignements israéliens, transmises par l'intermédiaire de l'Égypte, soient délivrées à Ahmed Jabari afin qu'il agisse pour éviter toute attaque contre Israël", précise Gershon Baskin. "Monsieur Jabari et ses forces auraient donc eu l'opportunité de prouver qu'ils étaient sérieux lorsqu'ils ont affirmé aux renseignements égyptiens qu'ils n'étaient pas intéressés par l'escalade."

Ne manque plus que la signature du principal intéressé. Lorsque Ahmed Jabari reçoit le document, mercredi 14 novembre au matin, rien ne laisse présager l'attaque à venir. Bien au contraire, à peine quelques heures avant son assassinat, Benyamin Netanyahou et son ministre de la Défense, Ehud Barak, effectuent une visite largement médiatisée dans le nord du pays. D'après Reuters, les télévisions et les radios israéliennes rendent amplement compte de la tournée des deux hommes sur le plateau du Golan, justifiée par un obus de mortier tiré en provenance de la Syrie. Étonnamment, Ahmed Jabari, pourtant connu pour sa prudence, s'aventure alors en plein jour dans Gaza à bord de sa voiture.

 

"Grande erreur" d'Israël (médiateur)

 

"En instaurant ainsi un climat de relâchement, Netanyahou et Barak ont fait sortir Jabari et ses amis de leur trou et rendu possible une attaque-surprise", affirme au quotidien israélien Yedioth Ahronoth Alex Fishman, spécialiste des questions militaires. Une mise en scène qui n'est pas sans rappeler celle qui avait précédé l'opération "Plomb durci". En décembre 2008, les officiers israéliens en poste autour de Gaza avaient eu droit à une permission pour rejoindre leurs familles, détournant ainsi l'attention des Palestiniens, avant d'être envoyés au combat à l'aube le lendemain pour mieux les surprendre, rappelle Reuters.

Les images de la mort d'Ahmed Jabari - sa voiture bombardée de plein fouet - seront diffusées sur Twitter par Tsahal peu après l'attaque, accompagnées d'un message laconique : "Ahmed Jabari : Eliminated." Dès lors, difficile pour le Hamas d'envisager une quelconque trêve. "Non, Ahmed Jabari n'était pas un homme de paix ; il ne croyait pas en la paix avec Israël et refusait d'avoir des contacts avec des dirigeants israéliens, et même des non-officiels comme moi", affirme Gershon Baskin. "Ahmed Jabari n'était pas prêt à abandonner la stratégie de résistance, c'est-à-dire combattre Israël, mais il a senti le besoin d'une nouvelle stratégie et était prêt à accepter un cessez-le-feu de longue durée."

Et le négociateur de lancer : "Je crois qu'Israël a commis une grande et irresponsable erreur stratégique en décidant de tuer Jabari. [...] Il est mort et, avec lui, la possibilité d'un cessez-le-feu durable."

  

Armin Arefi, 19 novembre 2012. Le Point.fr

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