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Publié par Saoudi Abdelaziz

Les habitants de la cité Bois-des-Pins (Hydra) n’abandonnent pas la bataille pour la préservation de leur espace vert menacé par un projet de construction d’un parking à quatorze étages mitoyen à leur immeuble.

 

Par Nabila Afroun

 

Hier encore, l’affrontement entre les jeunes et la police a été évité de justesse, grâce à l’intervention de l’Association des sages du quartier ainsi que certaines figures de la Révolution algérienne dont Mme Fettouma Ouzegane. Les habitants de ce quartier se sont élevés contre la société de réalisation de ce projet qui a déboisé l’espace vert et qui a commencé le terrassement du terrain.

Selon les riverains de cette cité, durant ces travaux, la canalisation des eaux usées a été endommagée ; elle a inondée par la suite le terrain. “Regardez ce qu’elles (les autorités locales ndlr) ont fait d’un espace paisible et tranquille. Ils l’ont transformé en fosse septique, où mauvaise odeur et insectes arrivent jusqu’à nos fenêtres et nos balcons surtout en cette période de grandes chaleurs”, fulminent les habitants de cette cité.

La police nationale au service d’intérêts privés

 

Une cité qui est sous haute surveillance depuis le lancement du projet de la construction du “fameux” parking et des commerces à son dernier étage. Selon les riverains, un important dispositif de la Sûreté nationale est constamment mobilisé sur les lieux, pour assurer la sécurité à la société de réalisation du projet. D’ailleurs l’école Fatma-n’Soumer a été carrément transformée en caserne où des fourgons de police, des brigades antiémeutes ainsi que des chasse-neige sont parqués à l’intérieur depuis plus d’un mois. “Depuis quand la police, payée par nos impôts, assure la sécurité à une société de construction ?” se demandent-ils. Et d’ajouter : “Nous avons l’impression d’être dans une prison. Depuis plus d’un mois, on ne voit que des policiers, ils sont partout, face à nos balcons et fenêtres, sur nos terrasses… C’est stressant de les avoir constamment sur le dos à surveiller nos faits et gestes.”

Ils dénoncent, également, “le flou” qui entoure ce projet et les autorités — APC et wilaya d’Alger — qui se rejettent la responsabilité, estimant que l’implantation du parking s’est faite “sans le respect des lois et qu’il n’est d’aucun intérêt public”. Pis encore, ils disent que les travaux de déboisement et de terrassement du terrain se sont faits sans autorisation et sans permis de construire.

Large soutien

 

Il est à noter que la population de Bois-des-Pins a eu le soutien de plusieurs citoyens qui ont signé une pétition pour le non-aboutissement de ce projet de parking.
Il a eu, également, l’appui des grandes figures de la Révolution algérienne et pas des moindres : de Djamila Bouhired, Fettouma Ouzegane, Louisa Ighilahriz, Zoulikha Bekadour, Malika Ousliha et de Louisa Ouzarene. Toutes soutiennent les résidents de la cité Bois-des-Pins et dénoncent ce type d’agissement. Mme Fettouma Ouzegane, à l’issue de sa visite d’hier, se dit révoltée par “l’impéritie” qui règne à tous les niveaux du système. “La République que nous voulions démocratique et populaire est bafouée par des hommes et des femmes sans foi ni loi”, a-t-elle déclaré. Pour rappel, l’affaire de la cité Bois-des-Pins est au niveau de la justice et ne cesse d’être reportée.
D’ailleurs, selon les habitants du quartier, le procès des émeutiers des résidents de cette cité a été fixé au 6 octobre prochain par le tribunal correctionnel de Bir-Mourad-Raïs.

 

Nabila Afroun. Liberté, 3 août 2011.

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