Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

483628_449482778462484_1342711241_n (1)

Photo : snapest.ning.com

 

 

 

 

 

 

 

Synthèse blog, 10 avril

 

   

 

 

La grève unitaire des fonctionnaires du Sud, a impliqué une vingtaine de wilayas, à l’appel commun de syndicats, jusqu’ici agissant en ordre dispersé.  A. Zerzouri  commente ce renouveau unitaire : « Malgré quelques tentatives de regroupement avortées des syndicats autonomes, naguère initiées pour faire face à l'hégémonie de la centrale UGTA lorsqu'il s'agissait de négocier des préoccupations du monde du travail avec le gouvernement, jamais par le passé une telle coordination entre ces syndicats autonomes n'a vu le jour. C'est là un acquis bien plus précieux que les statistiques d'adhésion au débrayage, dépassant globalement, selon les concernés, le taux de 70 %, des travailleurs de la santé, de l'éducation et des fonctionnaires de l'administration publique. »



Les experts chargé de rédiger l’avant-projet de projet de révision contitutionnelle travaillent sur des orientations présidentielles selon la plupart des commentaires de presse. « Les cinq experts sont-ils réellement indépendants ? » s’interroge Kharroubi Habib qui, sans nier leurs compétences, observe : « Des réserves et des interrogations se sont néanmoins exprimées en la circonstance portant sur le degré d'indépendance de ces cinq experts à l'égard du pouvoir politique ». De son côté, Louiza Hanoune craint que la commission  «va se substituer à tout le monde y compris les partis politiques»

 

« Le Roi est nu », pourrait-on conclure de toutes ces réserves. Abdelaziz Bouteflika se semble pas prendre la peine de ménager les apparences. Cela va être son projet de révision, il le dit sans aucune ambiguité. Ce qui n’est pas plus mal, en ces temps où l’Etat algérien ne semble pas avoir de centre connaissable et encore moins une représentation légitimée par ses actes. Avec l’opinion, Bouteflika semble avoir opté pour le rass rass. Mais le peuple a-t-il vraiment besoin d’une nouvelle révision constitutionnelle ? Faut-il garantir encore une fois, vainement, l’Etat de droit ? Ou bien y a-t-il un enjeu lié aux équilibres entre les clans ? On le saura bien. S’il était préoccupé de répondre à ses électeurs, Abdelaziz Bouteflika devrait plutôt commander un petit sondage posant des questions permettant de connaître les priorités populaires, par delà celles des groupes d’intérêt, celles du microcosme médiatico-politique ou celles d’une présidence auto-centrée.

 

 

 

Ce matin El Watan, à défaut de nous donner, comme il l’a promis, des tuyaux sur les comptes Offshoreleaks de nos corrompus, s’exerce à écrire l’histoire de la présidence de Houari Boumediène à travers le regard des diplomates américains. Il en fait le titre de sa une. Pour cela, « il fait parler »  les notes récupérées par Wikileaks. De ce travail d’extrapolation historique, on ne retient pas grand chose, sinon quelques potins pour la petite histoire.

 

 

 

On savait qu’au milieu des années 70, les Américains essayaient, fébrilement, de prendre la mesure du tournant à gauche pris en Algérie, après la nationalisation des hydrocarbures, le lancement de la Révolution agraire et la promulgation de l’ordonnnance présidentielle visant à associer les salariés à la gestion du secteur public, alors en plein développement. Et des clivages politiques qui s'approfondissaient. Dans une des notes que reprend El Watan, l’ambassadeur américain de l’époque s’interroge : «Que se passera-t-il si Boumediène est assassiné ou est dans l’incapacité de gouverner ? Boumediène n’a pas d’héritier connu». Je me rappelle qu'à la même époque, une délégation du congrès américain avait posé cette même question à des interlocuteurs algériens. Les Américains semblaient s’être donné le mot. Un témoin direct m’avait rapporté le contenu de la rencontre de cette délégation avec Smail Hamdani, alors secrétaire général de la Présidence qui avait répondu imperturbablement : «une junte militaire », à la question qui remplacera Boumediene s’il venait à disparaître? Les Américains semblaient désarçonnés par la réponse selon le témoin.

 

 

 

On se rappelle qu’avant chacune des grandes décisions de sa présidence, Boumediène avait l’habitude de réunir, pour feu vert, un conclave d’officiers de l’ANP, comprennant aussi des officiers subalternes. Chadli, son successeur, a rompu avec cette pratique, s’appuyant essentiellement, pour élaborer les choix stratégiques, sur un Conseil reproupant les services de sécurité, mise en place autour de Larbi Belkheir, le mentor de Chadli, dont on connaît le peu d’intérêt, d’aptitude et de temps, pour la réflexion stratégique.

 

 

 

Trente après, l’Armée fait le titre d’un compte rendu consacré ce matin par Le Quotidien d’Oran aux propos radiophonique récents de Farouk Ksentini électron libre présidentiel :   «L'Armée doit être la seule gardienne de la Constitution» affirme Farouk Ksentini veut amender l'article 70 de la Constitution pour «consacrer l'ANP dans son rôle de seule gardienne de la Loi fondamentale du pays». Dans ce domaine, la Turquie est selon lui un «cas d'école, et que l'Algérie gagnerait à le prendre pour exemple». Sous quelle forme, ce rôle exemplaire serait-il institué dans un pays qui respecte encore l’ANP mais méprise ses généraux-majors? Kstentini semble se tromper d’époque. Li fat mat. Même en Turquie, c’est de l’histoire ancienne…

 

 

Synthèse blog,     10 avril 2013.

 

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article