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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

 

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DR

 

 

 

 

“On se sucre sur le dos des Algériens”

 

 

C’est que qu’affirme Mohamed Touati dans l’Expression.dz. Alors que le cours mondial du sucre a dégringolé “Les consommateurs continuent de payer très cher ce produit dont les subventions profitent aux importateurs. La mafia se sucre sur le dos des Algériens. Les affairistes de tout poil en profitent. Les producteurs de boissons (jus de fruits, limonades...), de produits dérivés du lait (yaourts...) ont sensiblement augmenté leurs prix, les contrebandiers se frottent les mains et réalisent de juteuses des opérations financières dans les pays frontaliers... (…) Ces importateurs de sucre exonérés de TVA et de droits de douanes, qui réalisent des profits faramineux de l'ordre de 125%, grâce à la générosité des pouvoirs publics, s'adonnent de surcroît à l'exportation. Parmi les produits agroalimentaires destinés à l'étranger, le sucre apparaît en bonne position. Une augmentation de 425,6% a été enregistrée en février 2013 par rapport à la même période en 2012! «Les exportations sont passées de 6,79 millions usd en février 2012 à 35,69 millions usd à la même période en 2013, enregistrant une augmentation de 425,6%» indiquent les chiffres du Centre national de l'informatique et des statistiques des Douanes. L'Algérie n'étant pas un pays producteur de sucre (canne ou betterave), la matière première est totalement importée par des opérateurs privés qui la transforment et la commercialisent», souligne le rapport du Cnis”

 

 

Les importations de produits alimentaires ont triplé en dix ans

 

 

 

C’est ce qu’affirme le président du FCE Réda Hamiani « En 2002, nous avons importé en produits alimentaires près de 3 milliards de dollars, nous importons aujourd’hui (en 2012) près de 9 milliards de dollars. Plus de 50 % de ces montants se rapportent aux céréales et au lait en poudre qui sont subventionnés par l’État », a déclaré M. Hamiani qui a ajouté que « la facture à l’importation de ces deux produits a explosé en 2008 et 2011 avec un montant pour chacune de ces deux années de plus de 5 milliards de dollars ». La facture alimentaire de l’Algérie représente 20 % de ses importations globales, a encore déploré le patron des patrons qui met en cause notamment « la fuite aux frontières des produits subventionnés et leur détournement de leur destination initiale ».

 

 

Demande de protection douanière

 

Laid Benamor, vice‑président du Forum des chefs d’entreprises (FCE) et PDG du groupe Amor Benamor (agroalimentaire), demande la protection douanière pour la production nationale par rapport aux facilités d’importations accordées aux entreprises étrangères dans le cadre de la zone arabe. «Nous avons émis des réserves sur 40 produits. Des entreprises ont investi et créé des centaines d’emplois. Pour fabriquer leurs produits, elles paient 30% de droits de douane sur la matière première, alors qu’un produit similaire importé de la Zone arabe est exonéré de droits de douane , explique M. Benamor. On n’est pas contre le fait que l’Algérie soit membre de la Zale et de l’OMC. Mais, notre pays doit défendre son économie et ses entreprises qui créent des richesses. On n’est pas contre la concurrence loyale »,

 

 

 

 

La filière chocolat et biscuits est en repli face à la montée des importations.

 

 

En dix ans, les importations ont été multipliées par 60. La production algérienne ne résiste, faiblement, que par ses prix. En 2001, les montants des importations de chocolats étaient de 700.000 dollars, ceux des biscuits de 300.000 dollars. Dix ans plus tard, ces chiffres ont été multipliés par plus de 60 fois (en moyenne) pour les deux produits, selon les statistiques du commerce extérieur de la Douane algérienne. Salim rabia commente ce phénomène dans le Quotidien d’Oran.

 

 

 

DR-Fèves de cacao

 

 

 

 

 

Ne produisez pas, consommez !

 

 

Par Salim Rabia

 

 

En dix ans, le chocolat «made in là-bas» a écrasé le «made in ici». Que s'est-il passé entre deux temps ? Un temps perdu sans mise à jour, ni mise à niveau, où l'on a fait ce qu'on a l'habitude de faire : pomper ici et importer là-bas. Les chiffres du chocolat n'ont rien d'astronomiques mais ils sont bien révélateurs d'une situation où produire est ennuyeux et importer gratifiant. Bien entendu, le chocolat «dialna» est imbattable sur les prix et cela lui donne une petit part de marché, celle des petites bourses. Mais les Tunisiens, fort entreprenants, ont déjà gagné la bataille du biscuit, pourraient bien battre «l'imbattable». Dans l'Algérie «riche» des nantis, 40 millions de dollars, c'est une bricole. On peut le concéder. Mais, c'est bien à petite échelle, une illustration d'un immobilisme local qui se fait déborder par le dynamisme extérieur. Sur une échelle beaucoup plus lourde, on peut regarder avec une certaine compassion la façade d'une Bourse algérienne où il arrive un «évènement» tous les deux ans. Il y a bien la société NCA Rouiba qui arrive en ce début de belle saison à la Bourse. Mais, on le sait tous, une hirondelle ne fait pas le printemps. Et le privé algérien, même s'il a vocation à y être, ne peut pas faire, en l'état actuel de l'Algérie, la Bourse à lui tout seul. Dans les cartons, il y a des idées prudentes pour que les entreprises publiques cèdent une partie de leurs actions en bourse sans affecter la part majoritaire de l'Etat. Pourquoi ne pas le faire ? Certains diraient que ce serait la porte ouverte à la privatisation totale. L'argument est vieux. Aussi vieux et dépassé que la«propriété privée exploiteuse» que personne n'ose plus pas même le PT n'ose plus mettre en avant. Mais on sait qu'une entrée en Bourse avec des actionnaires non-étatiques obligera à de la transparence et à des comptes. C'est-à-dire, en peu de mot, à une gestion moderne. Tout le monde le sait mais on n'en tire aucun enseignement. On croit toujours que l'immobilité préserve. Et alors que dans le domaine de l'audiovisuel, les choses bougent partout dans le monde et que nos voisins progressent on a un projet de loi de l'audiovisuel qui verrouille.

 

 

Comme pour le chocolat, l'Etat Algérien à force de vouloir protéger nos oreilles et nos vues de choses indésirables pousse tout le monde à écouter et à regarder vers le made in ailleurs. Et pour l'audiovisuel comme pour l'internet, c'est encore plus facile que pour le chocolat. Les produits ne passeront pas par le port ou la douane. Ne produisez pas, consommez ! C'est cela le message paradoxal d'un pays plongé dans un sommeil paradoxal.

 

Salim Rabia, 10 avril 2013. Le Quotidien d’Oran

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