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Publié par Saoudi Abdelaziz

« Même si je suis opposé à un Etat islamique, je préfère des Frères musulmans démocratiquement élus au maintien du régime militaire », assure M. Ghehareb rencontré dans un café de Suez, à deux pas de l’embouchure du canal. Non loin, depuis la corniche du golfe de la mer Rouge, on voit scintiller les lumières des usines pétrochimiques. L’air déterminé, l’allure simple, ce militant communiste est responsable de la climatisation de l’entreprise textile Misr Iran, où les ouvriers viennent d’obtenir 10% d’augmentation de salaire au terme de trois semaines de grève.

 

Vêtu d’un costume italien, entouré de jeunes gens, M. Ahmed Mahmoud, tête de liste des Frères musulmans à Suez, récemment libéré après trois ans passés en prison, déclare comme en écho : « Je préfère des communistes démocratiquement élus au maintien du régime militaire. L’armée doit dépendre du gouvernement, sans jouir de prérogatives particulières, comme en France ».

 

Interrogé au sujet de la mobilisation à Suez et sur la place Tahrir au Caire, relancée le 19 novembre 2011, le sexagénaire se démarque de la position nationale de son parti, Justice et Liberté : « Je soutiens les revendications des manifestants et dénonce les violations des droits humains, même si je n’appelle pas à réoccuper la place. Il faut maintenir la pression sur le régime militaire ».

 

Sur les grèves en revanche, le Frère nuance : « Ce n’est pas le meilleur moment, car l’économie nationale a perdu 40 milliards de dollarsMais les revendications sont légitimes ». Les militant(e)s qui l’entourent ne s’en laissent pas conter : « Ceux qui touchent des salaires de misère ne peuvent pas attendre ». Et la future constitution ? « Elle doit intégrer tous les Egyptiens insiste M. Mahmoud. Nous voulons organiser la coalition la plus large, chrétiens compris, afin de sauvegarder l’intérêt national ». Volonté de rassembler, de ne pas se couper de la jeunesse volontiers révolutionnaire, ou opportunisme ? En tout cas, la rupture avec le Conseil suprême des forces armées (CSFA), au pouvoir depuis février 2011, et l’acceptation du jeu démocratique semblent entérinées (…)

 

 

Ce sont les premiers paragraphes de « Plongée dans l’Egypte rebelle » un passionnant reportage de François Pradal, envoyé spécial du Monde Diplomatique paru dans le numéro de janvier 2012.

 

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