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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

La chronique du Condjador (58)

 

 

 Le vol d’une moto, en bas d’un bâtiment, c’est un fait divers bien ordinaire à Jijel.

 

Cette fois-là, le malheureux propriétaire s’en est vite aperçu et a compris la direction prise par les voleurs de son scooter. Avec l’aide de son voisin et ami, il a pris les choses en main, après avoir alerté la police pour qu’elle leur coupe la route, d’autant plus que ces voleurs devaient traverser plus loin un barrage de police permanent.

 

 

Les deux amis se sont finalement mis en chasse eux-mêmes, ce qui les a conduits jusqu’à Tabat Zrara. Perché en haut du lotissement de l’EKT, c’est un territoire  où les bandes travaillent sans être inquiétées. Dans le passé, les seuls qui avaient l’audace de circuler la nuit dans ces ruelles, c’étaient des terroristes avec kalachnikov et mahchoucha. Puis les nissan de la police sont arrivées sur les lieux. Mais, aujourd’hui, les patrouilles restent aux alentours et ne quittent pas la grande route, où habitent les gens sans problèmes. Les policiers ne veulent pas pénétrer dans ce quartier.

 

Les deux amis sont donc allés seuls rechercher la moto, dans les buissons. Les voleurs se sont simplement retirés à quelques dizaines de mètres, faisant semblant de ne pas être concernés.  Les recherches ont finalement abouti. Il y avait là une vingtaine de motos démontées de toutes marques. Ils ont pu récupérer leur scooter, puis sont retournés chez les policiers pour les informer. Ces derniers ont tout ramassé, la voie ayant été repérée et sécurisée par les deux amis, qui ont joué les éclaireurs !

 

 

Au poste de police on a voulu, en plus, leur imposer de signer une fausse déposition contenant une vérité qui arrange ces fonctionnaires : la moto n’a pas été récupérée à Tabat Zrara par les deux amis, mais leur a été rendue au poste de police ! Pour boucler ce scénario, les policiers leur ont demandé aussi de signer une déclaration de vol.

 

 

La victime et son voisin ont refusé. Mais, les policiers ont sans doute dû trouver une autre formule pour classer l’affaire et cacher leur passivité à l’égard de ce lieu où une bande de délinquants jouit d’une paix totale, dans un décor de verdure.

 

 

 

Le Condjador, Jijel, le 27 août 2012

 

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