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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

Le 9 mars 1945, les Japonais attaquent les garnisons françaises d'Indochine. Ils portent ainsi un coup fatal à la présence coloniale de la France dans le Sud-Est asiatique.

 

La France évincée

 

Dès le 19 juin 1940, les Japonais en guerre contre la Chine ont profité de la défaite de la France face à Hitler pour exiger de celle-ci qu'elle ferme la frontière entre le Tonkin (le Viêt-nam du nord) et la Chine. Ils ont aussi exigé de contrôler eux-mêmes le chemin de fer qui permet d'approvisionner la province chinoise du Yunnan à partir du port vietnamien de Haïphong.

 

Le gouverneur général de l'Indochine, l'amiral Jean Decoux, nommé par Pétain, conclut un accord avec les Japonais le 30 août 1940. Le 25 septembre 1940, 25.000 Japonais soumettent les troupes françaises d'Indochine, réduites à 12.000 hommes dont 3.000 Européens, mais ils laissent en place l'administration coloniale. Ils mettent l'Indochine en coupe réglée et exploitent ses immenses ressources naturelles et agricoles, notamment le caoutchouc naturel dont elle assure 97% de la production mondiale. Après la chute de Singapour aux mains des Japonais, le 15 février 1942, l'Indochine française se trouve complètement isolée de la « métropole » française.

 

En 1945, les Japonais sont repoussés de partout par la contre-offensive américaine. À l'approche du dénouement final, le gouvernement de Tokyo décide de préparer un réduit terrestre en Indochine.

 

Le 9 mars, les troupes japonaises attaquent avec brutalité les garnisons françaises encore présentes sur place. On compte pas moins de 2.650 morts parmi les Français. 3.000 prisonniers rejoignent les camps. Parmi les 19.000 civils français, 3.000 sont aussi internés. Les autres sont astreints à résidence forcée sous la férule de la Kempeitai (la gendarmerie de l'armée impériale nippone). L'Indochine étant dès lors entièrement occupée par l'armée nippone, les forces françaises qui n'ont pas été capturées ou anéanties se replient sur la province chinoise du Yunnan, en Chine.

 

L'empereur d'Annam (le Viêt-nam central) Bao-Daï dénonce le protectorat français et se rallie à la «Grande Asie» que promeut le Japon, à quelques mois de l'effondrement militaire de ce dernier.

 

Il est peu après évincé par Hô Chi Minh, lequel dénonce aussi la tutelle japonaise le 10 août 1945. Bao-Daï abdique officiellement le 2 septembre 1945 et la ligue Vietminh, fondée par Hô Chi Minh, proclame l'indépendance de la République démocratique du Vietnam. Durant l'été 1945, résignés à la défaite, les occupants japonais sont incapables d’entraver l'action anticolonialiste et anti-occidentale d'Hô Chi Minh.

 

À Paris, le général Charles de Gaulle, qui dirige le gouvernement provisoire de la République française, met tout en oeuvre pour restaurer la souveraineté de la France sur ses colonies d'outre-mer. Il veut effacer le souvenir de la défaite de 1940 et restaurer en tous lieux la « grandeur de la France ». Il veut aussi couper court à d'autres tentatives indépendantistes au sein de l'Empire colonial.

 

Dès le 24 mars 1945, alors qu'il s'apprête à prendre le pouvoir en France à la faveur de la Libération du pays par les Anglo-Saxons, le général de Gaulle déclare son intention de restaurer l'autorité de la France en Indochine dans le cadre d'une fédération de colonies et de protectorats qui comprendrait les trois provinces du Viêt-nam (les trois Ky : Tonkin, Annam et Cochinchine) ainsi que le Cambodge et le Laos.

 

Des soldats français sous les ordres du lieutenant-colonel Jacques Massu s'emparent le 23 septembre de Saigon, capitale de la Cochinchine (le Viêt-nam du sud). Leur entreprise est facilitée par la capitulation officielle du Japon trois semaines plus tôt. Quelques jours plus tard arrive un corps expéditionnaire sous les ordres du général Leclerc de Hauteclocque, nommé par de Gaulle commandant en chef des troupes d'Extrême-Orient, sous les ordres de l'amiral Georges Thierry d'Argenlieu, gouverneur général d'Indochine. Leclerc entre à Hanoï le 18 mars 1946.

 

En dépit de ses succès sur le terrain, Leclerc, qui a rencontré aussi Hô Chi Minh, ne tarde pas à se convaincre de l'inanité d'une restauration de la tutelle française. Le sort de l'Indochine est désormais en bascule. Il repose sur les choix qui seront faits par les responsables français...

 

Tandis que l'amiral Thierry d'Argenlieu s'accommode d'une restauration du protectorat, le général Leclerc revient en France avec la conviction qu'il est urgent de négocier et qu'il faut se résigner à la décolonisation...

 

L’Etat français refuse cependant de reconnaître les réalités nouvelles. Le 19 décembre 1946, le parti communiste vietnamien sous la direction de l’Oncle Ho, lance l’insurrection générale contre le colonisateur français à Hanoï et dans tout le Tonkin.  La guerre s’achèvera huit ans par la honteuse défaite de l’armée français à Dien Bien Phu après l’assaut final du 7 mai 1954 mené par Le général Vo Nguyen Giap, qui commande l'Armée Populaire du Viêt-nam. Les négociations s’ouvrent dès le lendemain à Fontainebleau et les Français déguerpiront. Massu et Bigeard changeront de terrain quelques mois plus tard vers l’Algérie pour combattre le peuple algérien qui déclenchera quelques mois plus tard l’insurrection du Premier novembre.

 

Après le départ de français, les Vietnamiens devront encore affronter une autre puissance de l’Otan, autrement plus considérable. L’armée américaine et ses supplétifs continueront la sale besogne, avec des moyens plus inhumains, pendant encore dix ans.

 

Source : Herodote.net

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