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Publié par Saoudi Abdelaziz

 Carte de 1948

Carte de 1948

Le 9 avril 1948, 120 hommes de l’Irgoun et du Lehi, milices terroristes dirigées par deux futurs Premiers ministres israéliens, donnent l’assaut à ce village niché sur une colline, à l’ouest de Jérusalem.

Spécialistes du terrorisme anti-arabe, les miliciens de Menahem Begin et d’Itzhak Shamir se livrent à une véritable boucherie : après avoir massacré les familles une à une, ils ratissent le village et abattent les survivants.  Au total, quelque 250 personnes sont ainsi assassinées. Les habitants qui en réchappent sont expulsés vers Jérusalem-Est. Sur les 800 habitants du village, on dénombre 254 morts. Les conséquences de cette tuerie dont la nouvelle se répand dans toute la Palestine sont énormes. Menahem Begin raconte dans ses "Mémoires":

"Les Arabes à travers tout le pays furent pris de panique et commencèrent à fuir. Des quelque 800.000 Arabes qui vivaient sur le territoire actuel de l'Etat d'Israël, seuls 160.000 sont encore là."

Vingt-quatre ans plus tard, dans le quotidien Yediot Aharonot, Meïr Païl, alors colonel de la Haganah, présent en tant qu’officier de liaison, témoignera.

 « Vers midi, raconte-t-il, la bataille était terminée et les coups de feu avaient cessé. Bien que le calme règnât, le village ne s’était pas encore rendu. Les hommes de l’Irgoun et du Lehi sortirent de leurs cachettes et commencèrent à »nettoyer« les maisons. Ils tiraient sur tous ceux qu’ils voyaient, y compris les femmes et les enfants ; les commandants n’essayèrent pas d’arrêter le massacre . J’implorais le commandant d’ordonner à ses hommes de cesser le feu, mais en vain. Au même moment, 25 Arabes avaient été chargés dans un camion, on les emmena à la carrière entre Deir Yassine et Givat Shaul, et ils furent assassinés de sang-froid. Les commandants refusèrent également, lorsqu’on le leur demanda, de prendre leurs hommes et d’enterrer les 254 cadavres arabes. Cette tâche déplaisante fut assurée par deux unités amenées au village depuis Jérusalem. »

 Récit confirmé par le délégué du CICR, Jacques de Reynier, qui se rend sur les lieux le lendemain et a bien du mal à arracher aux tueurs une fillette qui respire encore. Il écrit: "On a fait ici le nettoyage à la mitraillette, puis à la grenade, on l'a terminé au couteau, n'importe qui s'en rendrait compte."

Première mise en ligne, le 9 avril 2013 

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