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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

A l’occasion de la journée de la femme nous vous reprenons un point de vue sur les tendances positives profondes d’évolution dans notre pays depuis l’indépendance et une recherche du démographe Kamal Kateb autour de la question : « La scolarisation massive des filles suffit-elle à provoquer des changements sociaux ? »

 

 

DR

 

 

Le peuple algérien a tranché en faveur des femmes

 

 

 

Par Saoudi Abdelaziz

 

 

 

 

Les observateurs attentifs à la réalité, qui refusent d’être emprisonnés dans les filets des a priori idéologiques ou des mises en scènes médiatiques, savent que la place de la femme a connu des évolutions en profondeur d’une grande portée en Algérie.

 

 

En cinquante ans, la rupture est radicale d’avec l’enfermement que les femmes subissaient avant l’indépendance.

 

 

La vision de la société sur la place de la femme s’est aussi profondément modifiée en Algérie. Cela est simplement lié aux changements –devenus irréversibles- qui se sont tranquillement imposés au fil des ans, y compris aux pires moments de la fitna.

 

 

Dans tous les cycles scolaires, les filles étudient autant que les garçons et réussissent mieux dans le supérieur.

 

 

Dans la vie professionnelle, les femmes font désormais partie du paysage, prenant souvent le parti de s’adapter aux contraintes et aux sacrifices tactiques imposés par les circonstances, pour préserver et développer l’acquis irréversible de l’insertion professionnelle.

 

 

 

 

« Les femmes peuvent et doivent travailler » : aujourd’hui, les familles algérienne sont globalement sur la même longueur d’onde.

 

 

Un sondage publié par El Watan en automne 2011 le confirme : « Plus de 64% des Algériens ne s’opposent pas au travail de la femme contre 31% ». Cela concerne aussi les métiers ayant une forte charge de pouvoir : « Près de 60% des Algériens ne s’opposent pas à la nomination d’une femme comme magistrat ».

 

 

Bon an mal an, et la sortie de la décennie noire a encouragé le processus, le regard aussi se modifie, tout en gardant en toile de fond la permanence des traditions. On note dans le sondage : « Près de 40% des Algériens disent que «la femme n’est pas obligée de porter le hidjab si elle porte une tenue respectable», contre 21% qui sont contre cette idée. A cette question, le sondage indique que les ruraux sont plus tolérants que les citadins avec près de 60% contre 48% pour les seconds ».

 

 

Cette tendance à la tolérance vestimentaire semble appelée à progresser si l’on en croit ce même sondage qui confirme nos observations : « Les 18-25 ans sont encore plus tolérants avec près de 60% qui disent que la femme n’est pas dans l’obligation de porter le hidjab. Les 26-35 ans ont répondu par la positive à près de 55% et les plus de 46 ans sont d’accord à 39%. «Ce qui montre que plus il est jeune, plus l’Algérien est tolérant», indiquent les sondeurs.

 

 

Les relations familiales sont aussi marquées par l’accroissement considérable du poids spécifique des femmes dans les arbitrages familiaux : « Près de 89% d’Algériens donnent «raison à la fille qui refuse un mari proposé par la famille». Près de 70% des Algériens sont «d’accord pour qu’une femme demande le divorce au même titre que l’époux». ».

 

 

La société algérienne progresse dans la bonne direction, et les divers pouvoirs en alliance ou en concurrence n’y sont pas pour grand-chose, ne faisant que compliquer ce qui est devenu une évidence sur le terrain. Aujourd’hui, l’Algérie semble bien décidée à isoler les amateurs de perversions idéologiques faussement musulmanes, qui voudraient, par convoitise politicienne, l’empêcher de suivre le chemin qu’elle a choisi, par consensus national, en faveur de l’émancipation des femmes algériennes. Les faux-nez n’ont pas leur place en Algérie.

 

 

 

Saoudi Abdelaziz, Texte publié dans le blog le 8 mars 2012

 

 

 

 

Scolarisation féminine massive, système matrimonial et rapports de genre au Maghreb

 

Par Kamel Kateb

 

 

Des modifications inédites se déroulent sur les marchés matrimoniaux des pays maghrébins. Quel rôle a joué le système scolaire dans ces transformations ? La scolarisation massive des filles, la prolongation de la durée des études, la plus grande présence des femmes dans l’espace public et le développement de formes de mixité ont-ils contribué à ébranler les bases des stratégies matrimoniales et, plus largement, de l’organisation familiale traditionnelle ?

 

Dans des pays où le statut des femmes est au cœur des problèmes de société, la scolarisation massive des filles est-elle un fait suffisant pour provoquer des changements sociaux qui ont pourtant résisté aux assauts de la modernisation coloniale ? Si elle a été sans conteste un facteur non négligeable du relèvement de l’âge moyen des femmes au mariage, peut-elle expliquer à elle seule l’ampleur de cette hausse ? Comment ces changements se sont-ils répercutés sur les relations au sein de la cellule familiale, notamment sur les pratiques du mariage et les rapports de genre ?

 

Pour atteindre les objectifs assignés à ce travail et essayer de donner une réponse pertinente aux innombrables questions soulevées, les données publiées par les instituts nationaux de statistiques des trois pays sont mobilisées en priorité. Elles ont été obtenues par les recensements de période décennale et différentes enquêtes nationales menées parfois dans le cadre de campagnes internationales de constitution de bases de données (EADS, PAPCHILD, PAPFAM, etc.) Concernant la scolarisation et l’éducation nous utiliserons les données publiées dans les annuaires statistiques des trois pays et celles regroupées par l’UNESCO. Il en découle des changements profonds dans la position de la femme dans ces sociétés avec des inégalités importantes dans les rapports de genre.

 

 

Article publié le 24 avril 2012

 

 

 

Lire le texte intégral de l’article de kamal Kateb en PDF : gss.revues.org

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