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Publié par Saoudi Abdelaziz

Le 2 juillet 2009, Les restes de cheikh Aheddad et  de son fils Azziz, étaient réinhumés à Seddouk-Oufella. DR

Le 2 juillet 2009, Les restes de cheikh Aheddad et de son fils Azziz, étaient réinhumés à Seddouk-Oufella. DR

Le 8 avril 1871, à l'âge de 80 ans, Cheikh Aheddad (El Haddad) appelle à l’insurrection lors d'un rassemblement à  Seddouk. L’appel à la lutte contre l’occupant est marqué par une phrase et un geste rapidement célèbres dans toute l'Algérie: « Ad-neyer irrumiyen ɣef ullel am iyreɣ taεakkazt-agi ɣer wakkal» (Nous jetterons les français en mer comme je jette ce bâton par terre!)

 Cet appel au soulèvement survient après le signal d’insurrection lancé le 15mars 1871, par El Mokrani, à la tête d’une armée de 8000à 10000 hommes.

L’appel de cheikh El Haddad, chef spirituel de la confrérie des Rahmaniya, eut un immense impact : 250 tribus y répondirent, capables d’aligner plusieurs dizaines de milliers de combattants. L’insurrection gagna rapidement l’est et le sud du pays. Les insurgés parvinrent même jusqu’aux portes d’Alger. Face à un tel soulèvement, l’armée coloniale se livra à une répression impitoyable.

 La défaite de la Commune de Paris permit à l’autorité militaire de reprendre la main en reconstituant une puissante armée d’Afrique: l’amiral de Gueydon mobilisa 100000 soldats et un dispositif militaire supérieur à celui qui avait permis d’asservir la région en 1857.

 Le 5mai, El Mokrani fut abattu. Après sa mort, l’insurrection se poursuivit, neuf mois durant, et avec elle, une répression sauvage. Plusieurs dizaines de milliers d’Algériens furent tués. Au-delà des insurgés, toute la population fut prise pour cible. Des villages entiers furent détruits, des familles décimées ou jetées sur les chemins de l’errance par la barbarie coloniale. 450000 hectares de terre furent confisqués et distribués aux nouveaux colons que l’on fit venir d’Alsace-Lorraine. Plus de deux cents chefs insurgés furent traduits devant la cour d’assise de Constantine en 1873 et condamnés à la déportation dans les bagnes de Cayenne ou de Nouvelle-Calédonie.

 Suite à la défaite, Cheikh El Haddad est emprisonné. Il meurt en détention le 29 avril 1873 à la prison de Constantine.

(Première mise en ligne, le 8 avril 2012)

 

 

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