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Publié par Saoudi Abdelaziz

Le dimanche 7 décembre 1941, au petit matin, des nuées d'avions japonais attaquent par surprise la flotte de guerre américaine à Pearl Harbor, sur l'île d'Oahu, dans l'archipel des Hawaï. Trois heures plus tard, le gouvernement japonais transmet à son homologue américain une déclaration de guerre en bonne et due forme.

 

Fuite en avant

 

L'attaque a été programmée par l'amiral de la flotte impériale, Isoroku Yamamoto, sur ordre du général Hideki Tojo, Premier ministre depuis le 16 octobre 1941.

Pour poursuivre la conquête de la Chine et de l'Asie du Sud-Est, l'amiral a compris qu'il était nécessaire de neutraliser la puissance américaine par la destruction préventive de sa flotte. C'est ainsi qu'il a mis sur pied le «plan Z» en vue d'attaquer Pearl Harbor, en plein océan Pacifique, à 5500 km des côtes japonaises.

Les pilotes de l'aéronavale ont subi un long entraînement dans le plus grand secret. Leurs avions ont été équipés de torpilles spéciales, capables de plonger dans les eaux très peu profondes de la base américaine.

Le 25 novembre, la flotte nippone rassemblée dans les ports de l'archipel des Kouriles lève l'ancre et se dirige vers l'est. Elle compte un total de 32 navires (y compris des pétroliers), dont 6 porte-avions avec 353 avions, deux cuirassés, deux croiseurs lourds, onze contre-torpilleurs. Elle compte aussi 27 sous-marins.

Le 4 décembre, la flotte bifurque au sud, vers Hawaï, où l'état-major américain n'a jamais imaginé qu'une attaque pourrait venir du nord. La flotte se laisse guider par la musique de jazz de la radio de Honolulu. C'est ainsi qu'elle peut s'approcher à 500 km de l'archipel sans être repérée par les radars. Le code de déclenchement de l'attaque est «Tora, Tora, Tora» (Tigre en japonais).

Les 183 avions de la première vague d'assaut piquent vers les navires rangés dans la rade (90 au total !), en volant entre dix et quarante mètres au-dessus des vagues. Les premières torpilles frappent à 7h40. À cette heure-là, ainsi que le savent les Japonais, la surveillance radar a été suspendue depuis déjà 40 minutes, pour cause de jour chômé. Les Américains vaquent aux occupations de routine d'un dimanche matin.

La plupart des officiers sont à terre et ne comprennent pas ce qui se passe jusqu'à ce que circule un message : «Raid aérien sur Pearl Harbor. Ce n'est pas un exercice».

Une deuxième et dernière vague de 137 avions frappe la base à 9h 45. En deux heures, les Japonais auront détruit ou endommagé huit cuirassés ainsi que 3 croiseurs, 3 destroyers et 4 navires auxiliaires.

188 avions ont été aussi détruits. Au total 2403 marins américains ont été tués. Du côté des assaillants, les pertes sont très faibles (29 avions, 55 tués).

Fort heureusement, les trois porte-avions affectés à la flotte du Pacifique ne sont pas présents sur les lieux et échappent de ce fait à de graves dommages. Deux se trouvaient dans les environs : l'Enterprise, qui livrait des avions à l'île de Wake, et le Lexington, qui était en route pour Midway pour la même raison.

Le troisième, le Saratoga était, lui, aux États-Unis, à San Diego, pour réparations. D'autre part, six des huit cuirassés attaqués seront rapidement remis en service. La contribution de ces bâtiments à la riposte américaine sera essentielle.

 

La guerre devient mondiale

Avec l'attaque de Pearl Harbor, le conflit qui avait éclaté en Europe deux ans plus tôt à l'initiative de Hitler devient véritablement mondial.

Depuis plusieurs mois déjà, le président Roosevelt tentait de rallier les pacifistes et les isolationnistes de son pays (tel le pilote Charles Lindbergh) à une guerre contre l'Axe tripartite germano-italo-japonais. Il soutenait activement les Anglais et les Soviétiques, seuls en lutte contre Hitler. Il multipliait aussi les provocations contre les Allemands mais Hitler se gardait bien d'y répondre.

Aussitôt après Pearl Harbor, une union sacrée se forme aux États-Unis et le Congrès déclare la guerre au Japon. Trois jours plus tard, l'Allemagne et l'Italie, alliées du Japon, déclarent à leur tour - mais à contrecœur - la guerre aux États-Unis (…).

 

André Larané, Herodote.fr

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