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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

Après deux ans de guerre civile et plusieurs siècles d'oppression, les Irlandais obtiennent leur indépendance le 6 décembre 1921 par le traité de Londres.

 

Celui-ci est signé avec réticence par Arthur Griffith et Michaël Collins, chargés de conduire les négociations au nom du Sinn Fein. Les pourparlers ont traîné en longueur si bien que le Premier ministre britannique a enjoint à ses interlocuteurs de signer le projet de traité contre la menace de reprendre les opérations militaires à grande échelle.

 

Collins et Griffith s'inclinent, la mort dans l'âme, sans prendre le temps de consulter le Dail Eireann (le Parlement de Dublin). Collins, amer et lucide, murmure : « Je signe mon arrêt de mort ». Il sera abattu quelques mois plus tard par un extrémiste du Sinn Fein déçu par le compromis de Londres.

Le traité prévoit :
– La transformation de l'Irlande du Sud (26 comtés) en un « État libre d'Irlande », virtuellement indépendant avec statut de dominion (comme le Canada ou l'Australie) mais associé à l'Empire britannique,
– Un serment d'allégeance du nouveau gouvernement irlandais à la Couronne, celle-ci étant représentée par un vice-roi au château de Dublin, avec les mêmes prérogatives, essentiellement symboliques, que le gouverneur général du Canada,
– Le Parlement de Belfast, s'il refuse le traité, peut demeurer dans le Royaume-Uni et une commission devra, dans cette hypothèse, revoir la frontière entre les deux parties de l'île.

 

Pour Londres, il s'agit d'un texte équilibré qui, c'est important, maintient un lien symbolique entre l'Irlande et l'Empire. Il ne faudrait pas qu'une émancipation complète de l'Irlande donne de mauvaises idées aux autres peuples de l'Empire britannique.

 

Le traité est accueilli avec soulagement par l'opinion britannique et par beaucoup d'Irlandais, las des troubles. Mais il en va autrement dans les rangs du Sinn Fein. Les républicains s'indignent en particulier du serment d'allégeance et du maintien d'un lien, si symbolique soit-il, avec la couronne britannique. Eamon De Valera désavoue les négociateurs et, après des débats acharnés, démissionne le 6 janvier 1922 de la présidence du mouvement. Le lendemain, le Dail ratifie le traité de justesse (64 voix contre 57). L’Etat libre d’Irlande est né.

 

Hérodote.net

 

 

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