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Publié par Saoudi Abdelaziz

 
     

 

 

Le 4 septembre 1970, Salvador Allende est élu au suffrage universel à la présidence de la République du Chili. C’est un événement historique : pour la première fois, un marxiste accédait par les urnes à la tête d'un pays d'Amérique latine, sur la base d’un programme de rupture. Aujourd'hui, les peuples d’Amérique latine, aguerris par l’expérience, savent mieux déjouer les pièges, et commencent à imposer leur volonté par les urnes.

 

 

Allende entreprend des mesures radicales  : nationalisation des mines de cuivre et des principales entreprises du pays, réforme agraire, blocage des prix, augmentation des salaires… Il rompt le blocus contre Cuba imposé par Les USA. Cette dynamique progressiste affole l’administration américaine dirigée par Richard Nixon et son Secrétaire d'État Henry Kissinger, empêtrés par ailleurs dans le « bourbier vietnamien ».

 

 

Il fallait mettre donc un terme à cette dynamique révolutionnaire. Le Chili devient alors le laboratoire où sont expérimentés les techniques les plus pointues de l’ingénierie sociale (un terme technique pour désigner la déstabilisation utilisant la maîtrise des sciences humaines) mises au point par les chercheurs de la Rand-corporation et appliquées sur le terrain par la CIA.

 

 

Le signal de cette vaste opération sera donné par l’assassinat, par un militant d’extrême droite, du commandant en chef de l'armée de terre, le général René Schneider, fidèle soutien du président… Les scénarios de la CIA combineront ensuite l’utilisation du mécontentement provoqués par des pénuries minutieusement organisées, de l’impatience gauchistes suscitant les divisions à gauche qui fissurent l’Unité populaire, des campagnes médiatiques menées par la presse majoritairement dominée par l’argent, de la subversion clandestine dans l’armée, etc.

 

Trois ans après son élection, l’opération de déstabilisation est conclue le 11 septembre 1973 : l'aviation bombarde le palais présidentiel de la Moneda, les soldats y pénètrent. Après une allocution désespérée à la radio, le président demande à ses défenseurs de quitter les lieux. Resté seul, il se suicide d'une rafale de mitraillette. Il avait 65 ans.

 

 

 

Augusto Pinochet, le nouveau maître du pays adoubé par l’administration américaine, tout en détruisant méticuleusement le mouvement progressiste, par l’assassinat, la torture, la prison et l’exil, (voir dans Wikipedia) appelle à ses côtés de jeunes économistes diplômés de l'Université de Chicago, les «Chicago Boys», appliquant  à la lettre les recettes ultralibérales de l'économiste américain Milton Friedman...

 

 

Salvador Allende au Palais de la Moneda, le 11 septembre 1973. Photo Orlando Lagos

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