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Publié par Saoudi Abdelaziz

Evoquant Boumediene, c’est le souvenir de ma mère qui remonte. J’étais à la prison d’El Asnam où j’avais été transféré lorsque les autorités avaient décidé de casser notre grève de la faim aux Quatre hectares d’El Harrach. Je me souviens de cette visite de ma mère durant l’été de 1966. Au parloir, timidement, craignant sans doute ma réprobation « militante », elle m’avait raconté sa rencontre avec Boumediene, à l’occasion d’un guet apens  que lui avaient tendu les femmes des familles de détenus politiques sur une allée de la forêt de Sidi Ferruch, où il faisait sa promenade.

 

Ma mère, qui portait toujours le voile, avait été désignée par les autres femmes pour aller à la rencontre de Boumediene afin de lui exposer la situation difficile des détenus politiques emprisonnés pour leur opposition au coup d’état du 19 juin. C’est cet entretien en tête à tête qu’elle voulait me raconter. A sa surprise, je l’ai laissé parlé sans l’interrompre, pendant que le gardien était installé entre les deux grilles du parloir. Je n’ai pas oublié ce compte-rendu où j’avais senti chez ma mère une sorte d’impression favorable. Et sans doute l’ai-je mémorisé parce que je respectais la clairvoyance vigilante de ma mère.

 

Aujourd’hui, je me contenterais de dire que Boumediene descendait d’une de nos nombreuses familles des montagnes jijéliennes contraintes à l’exode par les expropriations massives qui ont suivi les révoltes anticoloniales au 19 ème siècle, et que sous sa présidence, les cantines scolaires dans les Babors servaient de la viande et du lait à tous les écoliers.

 

Paix à son âme.

 

S. A. 27 décembre 2011

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