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Publié par Saoudi Abdelaziz

Adolphe Cremieux 1878 - Jean-Jules-Antoine Lecomte du Nouy

 

DR-Le décret Crémieux consacre en Algérie la rupture entre les colonisés (exclusivement musulmans) et les colonisateurs, qui viennent d'Europe et auxquels s'assimilent désormais les juifs

 

 Le 24 octobre 1870, un décret donne la citoyenneté française aux 37.000 juifs d'Algérie. Dans la foulée, les colons originaires d'Europe (Italie, Espagne, Malte...) sont aussi francisés en bloc. Quant aux musulmans d'Algérie, ils sont maintenus dans le statut d'indigène. C'est le début d'une fracture douloureuse et irréductible entre les deux communautés.

 

Le décret concernant les juifs d'Algérie est promulgué à Tours, où s'est réfugié le gouvernement de la Défense nationale qui a succédé à l'Empire après la défaite de Sedan. Il peut être considéré comme l'une des premières grandes mesures de la 3éme République.

 

Sa paternité en revient au ministre de la Justice, Isaac Adolphe Crémieux, l'un des chefs du parti républicain. C'est le fils d'un commerçant juif de Nîmes. Juriste et philanthrope de 74 ans, il bénéficie d'une grande réputation d'intégrité dans le pays.

 

En 1863, suite à l'émotion soulevée par l'affaire Mortara, il avait participé à la création de l'«Alliance israélite universelle» et avait été porté à sa présidence, avec l'objectif de protéger les juifs où qu'ils soient. (…)

 

Une partie des juifs sont établis en Afrique du Nord depuis la première diaspora, au Ve siècle avant JC. Ils sont à l'origine d'une langue aujourd'hui perdue, le judéo-berbère. Les autres sont originaires d'Espagne d'où ils ont été chassés en 1492. De là leur appellation de juifs sépharades (d'après le nom de l'Espagne en langue hébraïque).

 

La «francisation» des uns et des autres avait débuté dès le lendemain de la prise d'Alger, avec le concours actif des israélites de la métropole et du Consistoire central de France. Celui-ci obtient dès 1832 le droit de fonder en Algérie des écoles mixtes, avec enseignement donné en français. Comme en France, les juifs d'Algérie se font représenter par des consistoires à partir de 1844.

 

Le décret Crémieux offre la citoyenneté pleine et entière aux juifs d'Algérie sous réserve du renoncement à la loi mosaique et à ses prescriptions contraires au droit civil en matière matrimoniale (ce renoncement avait déjà été entériné sous le Premier Empire par les consistoires métropolitains).

 

Pétri de bonnes intentions et de préoccupations électorales moins avouables, notamment à Oran où les israélités sont nombreux, le décret s'avère porteur de semences empoisonnées. Il consacre en Algérie la rupture entre les colonisés (exclusivement musulmans) et les colonisateurs, qui viennent d'Europe et auxquels s'assimilent désormais les juifs. (…)

 

 

Joseph Savès. Herodote.net

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