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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

Le calife Haroun al-Rachid meurt à Tous (Khorassan), le 24 mars 809, il était tout juste âgé de 43 ans. L’empire arabe atteint son apogée sous son règne. La capitale Bagdad devient alors la plus importante cité de l'univers avec, dit-on, deux millions d’habitants.

 

Le 14 septembre 786, à Bagdad, sur les bords du Tigre, Haroun al-Rachid devient calife, c'est-à-dire «remplaçant» du prophète Mahomet. Son titre lui confère l'autorité sur la totalité des musulmans, à l'exception de ceux d'Espagne.Al-Rachid signifie en arabe «le bien guidé» ; on écrit aussi el-Rachid.

Haroun al-Rachid est le troisième fils du calife El-Mahdi et d'une affranchie berbère ou yéménite. Il a vingt ans quand il succède à son frère al-Hadi, sans doute assassiné. Il va porter à son apogée la dynastie des Abbassidesmais aussi préparer son déclin.

 

 

Trois empires autour de la Méditerranée

 

Vers l'An 800, tandis que règne à Bagdad le calife Haroun al-Rachid, Charlemagne règne à Aix-la-Chapelle, près du Rhin, sur l'Empire d'Occident. À Constantinople, sur le Bosphore, Irène gouverne l'empire byzantin.

Haroun al-Rachid, Charlemagne, Irène... Ces trois personnages magnifiés par la légende symbolisent une période de transition. Sous les cendres de l'empire romain, un monde nouveau est en train de germer mais les contemporains n'en ont guère conscience.

Autour de la Méditerranée, la paysannerie vit dans une extrême misère. La paix est sans cesse violée et, qui plus est, de nouvelles vagues d'envahisseurs se profilent au nord et à l'est (Vikings, Magyars).

 

 

Essor de l'empire arabe

 

Sous le règne d'Haroun al-Rachid, Bagdad devient la cité la plus remarquable de l'univers. Elle offre l'exemple d'une civilisation raffinée dont les contes des Mille et une Nuits, contemporains d'Haroun al-Rachid, nous conservent le souvenir.

Ses commerçants entretiennent des relations avec le monde entier comme le rappelle le conte de Sindbad le marin.

Ses poètes chantent le vin et l'amour, comme Abou Nouwas (ou Abû Nuwas). Ses théologiens et ses savants élaborent une culture de premier plan.

Sa population, en trois ou quatre générations, s'élève jusqu'à près de deux millions d'habitants, ce qui en fait la plus grande métropole de son époque.

Dans tout l'empire mais aussi dans l'émirat indépendant de Cordoue, en Espagne, et dans le royaume du Maroc, se développe un artisanat prospère dont le souvenir se conserve dans le vocabulaire : cordonnier vient de Cordoue, mousseline de Mossoul, produits damasquinés (orfèvrerie à la feuille d'or) de Damas, maroquinerie de Maroc.

Les Arabes restaurent et améliorent les anciens réseaux d'irrigation autour de la Méditerranée. Du fait de leurs liens avec la Perse, l'Extrême-Orient et l'Asie du Sud, ils introduisent de nouvelles cultures en Occident : riz, haricot, chanvre, canne à sucre, mûrier, abricotier, asperge, artichaut...

 

Diplomatie intense

 

Le calife et son entourage jouissent de revenus considérables grâce aux administrateurs d'origine iranienne qui peuplent les bureaux (diwan en arabe, d'où nous vient le mot divan) et assurent la collecte des impôts. Le poids de la fiscalité, toutefois, suscite des révoltes en Égypte, comme en Syrie ou encore au Yémen.

Haroun al-Rachid sévit sans se lasser contre ces révoltes. Il se révèle aussi un courageux chef de guerre et ses expéditions militaires lui permettent d'imposer pendant quelques années un tribut aux Byzantins.

Dans ses relations diplomatiques, il fait aussi preuve d'une remarquable activité. Ainsi, il envoie une ambassade à Charlemagne et lui offre-t-il une somptueuse horloge à eau ou clepsydre d'après les chroniqueurs chrétiens.

Mais il ne peut rétablir son autorité sur l'émirat de Cordoue (Andalousie) et, pire, voit lui échapper le Maroc, devenu un royaume autonome sous l'autorité d'Idriss 1er. Le général Ibrahim ibn al-Aghlab, envoyé pour le combattre, installe sa propre dynastie, les Aghlabides, à Kairouan, en Ifriqiya, ancien nom de la Tunisie, tout en reconnaissant l'autorité du calife.

 

 

Difficile succession

 

Le règne d'Haroun al-Rachid témoigne aussi de la fragilité de l'autorité califale. Yahya, qui fut le précepteur du calife dans sa jeunesse, est devenu au fil du temps son principal ministre. Il installe sa famille, les Barmécides, aux premières places de l'État. L'aventure connaît une fin tragique avec le massacre des Barmécides en 803, sur ordre d'Haroun al-Rachid lui-même.

Celui-ci entame enfin à près de quarante ans un règne personnel, lequel, à vrai dire, n'aura guère d'éclat.

Malgré son coup d'éclat, le calife va laisser peu à peu son pouvoir tomber aux mains des ministres et des conseillers. Il meurt le 24 mars 809, tout juste âgé de 43 ans, au cours d'une expédition contre des rebelles du Khorasan, la province de Samarcande. Son fils Mohammed el-Amin lui succède mais il est massacré par son frère Abdallah el-Mamoun (ou al Ma'mun) en 813.

 

Michel Dalan, Herodote.net

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