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Publié par Saoudi Abdelaziz

Dans la nuit du 22 au 23 juillet 1952, un groupe d'«Officiers libres» prend le pouvoir en Égypte et renverse le roi Farouk 1er. Acclamés alors par les Egyptiens, les militaires reçoivent un accueil populaire aussi chaleureux que celui de la foule célébrant le départ de Moubarak sur la place Tahrir, en 2011. Le 23 juillet est devenu fête nationale en Égypte.

 En ce début de 1952, les initiatives anti-britanniques se multiplient. Le 25 janvier 1952, le général George Erskine réprime durement la révolte d'un millier de Boulouks, ou auxiliaires de police, à Ismaïlia. Il s'ensuit 49 morts dont 3 Britanniques. Le pays est au bord de l'explosion. Le lendemain, un «samedi noir», des émeutes secouent Le Caire. Des immeubles, bars, cafés et cinémas, sont incendiés et des ressortissants britanniques lynchés par la foule.

 Dans les semaines qui suivent, le Premier ministre est congédié et les ministères se succèdent sans résultat. Devant cette carence du pouvoir, le peuple, désemparé, ne sait plus à quels saints se vouer. La monarchie, minée par la corruption, est d'autre part fragilisée par une série de complots.

 Le 21 juillet 1952, les Officiers libres décident de passer aux actes. Ce mouvement progressiste a été fondé par un colonel d'humble extraction, Gamal Abdel Nasser, héros très populaire de la guerre de 1948 contre Israël. Dans la nuit du 22 au 23 juillet, tous les points névralgiques de la capitale sont occupés par les insurgés.

 Le 18 juin 1953, la République est proclamée.

 En 1956, Nasser expulse les dernières troupes britanniques et va défier l'Occident en nationalisant le canal de Suez…

 Aujourd’hui, la mode médiatique dominante oblige les chroniqueurs à établir un lien de filiation directe entre le colonel Gamal Abdel-Nacer et Tantaoui, le maréchal qui dirige le Conseil supérieur des forces armées. Alain Gresh a raison d’écrire :

« Les officiers qui s’emparent du pouvoir le 23 juillet 1952 sont jeunes, dynamiques, en partie idéalistes, porteurs d’un projet nationaliste qui consiste à faire de l’Egypte un Etat moderne. Les membres du CSFA appartiennent à l’élite qui a pillé le pays depuis des décennies, accumulé de fantastiques fortunes, et qui n’a d’autre but que de préserver ses privilèges ».

Mis en ligne le 22 juillet 2012

 

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