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Publié par Saoudi Abdelaziz

Selon le Committee to Protect Journalists (New York) c’est l’utilisation généralisée des accusations de terrorisme et de menées antiétatiques qui a jeté un nombre record de journalistes en prison en 2012. Ils seraient actuellement 232 derrière les barreaux pour avoir simplement exercé leur métier. Actuellement, la Turquie est la nation qui emprisonne le plus les journalistes dans le monde avec 49 journalistes derrière les barreaux, suivie de l’Iran et de la Chine.
En Afrique, ce sont l'Erythrée (28 journalistes détenus) et l'Ethiopie (6 journalistes en prison) qui tiennent le haut du pavé et qui figurent dans le top ten mondial des pays les plus répressifs en matière de presse.
Le Vietnam, la Syrie, l'Azerbaïdjan, l'Ouzbékistan et l'Arabie Saoudite viennent ensuite.
Parmi les journalistes en prison, Eskinder Nega, un chroniqueur et blogueur éthiopien célèbre pour ses commentaires critiquant l'utilisation étendue de la loi antiterroriste par le Gouvernement a été lui-même arrêté de ce fait pour terrorisme.
Le rapport ne concerne pas les journalistes assassinés (3 en Somalie ces derniers mois), ni enlevés par des organisations criminelles.
 
 
 
12 décembre 2012. Source : Ecofin
 
 
 
 
 
 
 
 

Mustafa Balbay, journaliste, député, prisonnier 

  

04.12.2012

  
A l'attention de la presse française,
  
  
Mes très chers confrères,
  
  
Je suis aujourd'hui détenu depuis quatre ans dans la maison d'arrêt d'Istanbul-Silivri, officiellement qualifiée de « camp de concentration », en raison de mes activités journalistiques. Le tribunal chargé de mon procès s’occupe uniquement des détenus de cette maison d'arrêt.
  
La Turquie tend à ne plus être un état de droit. La justice se définit désormais comme un instrument de vengeance politique. Ledit procès d'Ergenekon, ayant lieu à Silivri, en est l'exemple le plus probant. Les opposants ont été accusés à tort de conspirer contre l'Etat et ont été emprisonnés.
 
 
  
  
C’est dans ce contexte que je me suis présenté aux élections législatives de juin 2011 et que j’ai été élu député au sein du CHP, parti principal d'opposition turque. Malgré mon statut de député qui est sensé m’accorder l’immunité, le pouvoir en place a ordonné mon jugement, décidant ainsi de mon maintien en détention.
 
Le procès du 13 décembre sera le théâtre d'une limitation formelle des droits de la défense, d'une non considération des preuves, et par conséquent d'une altération du jugement rendu.
 
Huit députés, près de cent journalistes, près de mille étudiants, des milliers d'individus appartenant à diverses catégories socio-professionnelles sont détenus car ils adoptent simplement une attitude et des idéaux contraires à ceux prônés par le gouvernement en place.
 
Nous vous appelons à réagir au procès d'Ergenekon du 13 décembre prochain, en scandant, sur toutes les plateformes et réseaux sociaux, "non à l'injustice en Turquie".
 
 
Mustafa Balbay. Maison d’arrêt de Silivri
 
 
 

Source : istanbul.blog

 
 
Le journaliste Mustafa Balbay, emprisonné depuis 4 ans dans le cadre de l'affaire Ergenekon, du nom d'une cellule présumée de putschistes et de comploteurs contre le gouvernement AKP de Recep Tayyip Erdogan, sera devant les juges le 13 décembre. Cette lettre a été envoyée, via son avocat, vendredi 7 décembre, et traduite par l'un de ses soutiens. En septembre, Soner Yalçin, emprisonné depuis 22 mois, avait écrit une lettre depuis sa cellule. Cette dernière avait été publiée par l'Humanité.
 
 
 
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