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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

 

 

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Par Saoudi Abdelaziz

 

  

Le Premier mai est mort déplorent nostalgiquement- ou constatent cyniquement- les élites médiatiques, qui évoluent à la surface du « système », coupées les unes comme les autres du rêve bouillonnant des humbles. Le « struggle for live » prospérant dans le délire néolibéral ambiant, ou le dérivatif footbalistique ne réussissent pas à occulter les tendances significatives de l’évolution, en bas de la société.

  

Quelques échos du 1er Mai.

 

Les salariés du secteur privé n’ont pas été invités à la Maison du peuple. Alors que l’UGTA exerce un monopole syndical dans le privé, la Centrale de Sidi Saïd  n’a invité, selon l’Aps, que des responsables syndicaux du secteur public, à son rassemblement du 1er mai à la Maison du Peuple. Les revendications de ce secteur ne sont pas urgentes ? Selon les résultats d’une enquête de l’ONS, reprise hier par l’APS, le salaire net moyen mensuel est de 41 200 dinars dans le secteur public contre 23 900 DA pour le privé, soit un écart de 17 000 dinars.

 

Evénement unitaire à béjaïa: La marche de l’UGTA a fusionné avec la marche unitaire organisée par le CSTB et le PST à laquelle se sont associés plusieurs syndicats autonomes (CLA, Satef, Snapap,…), le Collectif des étudiants, la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme, bureau régional, et des personnalités autonomes de Bgayet. Les marcheurs de l’UGTA ont préféré rejoindre la grande masse des salariés en direction de la Maison de la culture où se tiendra un meeting populaire.

 

Pour son rassemblement, Le Snasep a choisi Mostaganem, une ville qui a été selon ce syndicat «une locomotive et un bouquet de muguets dans notre vie syndicale depuis 2002». Ce syndicat d’enseignants appelle à  «une école moderne tolérante et ouverte pour éclairer une Algérie future, libre et démocratique». Il demande la révision du Smig, la revalorisation du point indiciaire et à l'amélioration des services publics au service du citoyen. Dans son communiqué, il s'incline devant la mémoire de Osmane Redouane, le précureur du syndicalisme autonome dans le secondaire. Le syndicat réaffirme : «Notre syndicat défendra toujours les corps communs, ces oubliés de la République aux salaires clochardisés et que les travailleurs eux-mêmes appellent «oucheria», salaire de dix jours et non pas «chahria». Cette frange de la société atteindra ses revendications, car ces milliers de travailleurs ont droit aussi à une vie décente.»


Le Collectif national des douaniers pour la défense des libertés syndicales a lancé hier un mémorandum sur l’état des libertés syndicales. Ce collectif est composé de 1548 douaniers douaniers ayant soutenu les mouvements de grève de la faim observée par des membres de la Coordination nationale des sections syndicales des Douanes, en 2011 et 2012, pour «dénoncer les atteintes aux libertés syndicales à la Douane et la gestion des carrières de notre corporation».

 

Libertés syndicales, c’est aussi le thème du Forum organisé hier par le FFS. Nouar Laarbi, coordinateur du CNAPEST (Conseil National Autonome des Professeurs de l’Enseignement Secondaire et Technique), affirme que les obstacles aux libertés syndicales ne relèvent pas du vide juridique ou constitutionnel. Il met en cause les entraves politiques conduisant notamment à la « quasi-impossibilité de créer une centrale syndicale autonome » Il cite le « clonage »  parmi les manœuvres visant à réduire l’impact des syndicats autonomes, ainsi que les  intimidations dont sont victimes les syndicalistes. Le droit à la grève reste bafoué par l’administration qui a toujours recours à la voix judiciaire pour freiner les mouvements de grève.

 

 

Au cours de ce forum, Ali Laskri, responsable du FFS a déclaré : « Aujourd’hui les mobilisations syndicales et sectorielles récurrentes incitent à l’optimisme et témoignent de la vitalité de notre société mais il s’agit de réunir les conditions d’un saut qualitatif dans l’action syndicale en général pour que ces forces sociales contribuent à part entière à la construction de la société civile de demain et pour un changement pacifique et démocratique dans le pays ».

 

 

Les chômeurs veulent être partie-prenante des luttes pour ce changement de système. C’est ce qu’a affirmé Tahar Belabas, invité à ce forum. Il affirme : «  Une véritable coordination des chômeurs, des jeunes et des étudiants permettra à coup sûr de mettre fin à cette féodalité moderne » Il note : « L’absence d’une volonté d’amorcer un véritable dialogue social avec des partenaires crédibles et légitimes est l’un des points noirs de ce pouvoir qui se cache derrière des alibis juridiques pour étouffer les voix libres et autonomes. Notre objectif est d’être agréé comme un syndicat des chômeurs, nous comptons sur toutes les voix libres pour nous aider à faire avancer notre cause, nous ne sommes ni extrémistes ni autonomistes».

 

Coupe d’Algérie oblige, les éditorialistes et chroniqueurs ne sont pas nombreux à commenter le 1er mai des travailleurs. Dans Liberté, Mustapha Hammouche écrit : « Il n’y a plus de “classe ouvrière” pour animer le défilé officiel des travailleurs du temps du parti unique et de l’économie socialiste triomphante. Alors, le 1er Mai, le pouvoir invite la finale de la Coupe de football à pallier cette disparition. Quitte à assumer les risques liés au déficit d’organisation, au risque de donner libre cours à l’expression débridée de l’affairisme cupide et qui touche tous les milieux et tous les âges ».

 

 

Son confrère du Quotidien d’Oran, Kharroubi Habib, a une toute autre analyse : « La montée en puissance du mécontentement social se double désormais de la revendication politique d'un changement de système ».

 

 

 

Saoudi Abdelaziz, 2 mai 2013

 

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