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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

File:Issiekhem2.jpg

DR-Issiakhem en 1960

 

 

 

L’association Culture B et Berbère Télévision organisent le Premier festival berbère des Arts plastiques en hommage au grand artiste peintre M’hamed Issiakhem les 15 et 16 décembre 2012 dans les locaux de la Berbère Télévision (BRTV) au 1, ter rue du Marais. 93100 Montreuil (Paris).

 

 

Signature de M'hamed Issiakhem

 

 

 

Affiche de M'hamed Issiakhem

pour un spectacle de Kateb Yacine

(1978)

 

 

 

 

 

M'hamed Issiakhem ou l'œuvre en creux

 

Par Kateb Yacine

 

 

 

Algérie Littérature Action N° 3 - 4

Kateb Yacine et Issiakhem

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

“On ne parlait presque jamais de sa peinture tant elle était, au sens littéral, indiscutable, dit Mimouni à propos d'Issiakhem. Son œuvre nous est en creux comme le moule pour l'objet moulé. Je veux dire essentielle."

 

Je l'ai vu plus d'une fois, finir une toile en quelques heures, pour la détruire tout à coup et la refaire encore, comme si son œuvre aussi était une grenade qui n'a jamais fini d'exploser dans ses mains. En détruisant son œuvre, dans un suprême effort de tension créatrice, comme pour briser le piège ultime de la beauté, le peintre viole ses propres formes, car le démon de la recherche le pousse toujours plus loin. Mais toute création commence nécessairement par l'autodestruction (… )

 

On ne connaît encore que quelques unes de ses œuvres; c'est qu'Issiakhem est généreux. Il offre ce qu'il fait, ou s'en sépare pour survivre. Il habite un enfer où il faut faire feu de tout bois, et c'est lui-même qu'on voit brûler, d'un bout à l'autre de son œuvre. A cette extrême et haute tension, l'art est une catastrophe, un naufrage de l'homme, une vision de l'invisible et un signe arraché à la partie des morts. Mais l'enfer où il vit est la plus belle des fonderies, car c'est là qu'il travaille, avec la rage des fondateurs. Et ce travail se fait par bonds, ou par sursauts imprévisibles, un travail de volcan à l'intérieur de l'homme, pour qu'il puisse dire : “Je me suis fait moi même, je reviens du néant, et j'ai lutté contre la mort, grenade contre grenade.”

 

 

Repères biographiques

 

 

1928 : Naissance au douar Djennad, près d'Azzefoun (Kabylie).

1931 : Son père, gérant de Hammam à Relizane, le prend avec lui dans cette ville, le séparant de a mère.

1943 : Il manipule une grenade, volée dans un camp militaire américain. Elle explose : deux de ses soeurs et un neveu meurent. M'hamed est dans le coma. Il est amputé du bras gauche.

1947 : Elève de la Société des Beaux-Arts d'Alger, puis de l'Ecole nationale des Beaux-Arts jusqu'en 1951. Il étudie aussi chez le miniaturiste Omar Racim.

1953 : Elève de l'Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris jusqu'en 1958

1955 : Son œuvre Le cireur représente l'Algérie en lutte au Festival international de la jeunesse à Varsovie.

1958 : Illustrations dans la revue Entretiens sur le thème de la torture. Il quitte la France pour la RFA et la RDA.

1962 : boursier de la Casa Velazquez de Madrid. Retour en Algérie. Dessinateur au quotidien Alger Républicain.

1963 : Membre fondateur de l'Union nationale des arts plastiques. Exposition à la salle Ibn Khaldoun, Alger.

1964 : Chef d'atelier à l'Ecole nationale d'architecture et des beaux-arts d'Alger. Directeur de l'Ecole des beaux-arts d'Oran jusqu'en 1966.

1967 : Expositions en Bulgarie et en Algérie pour le festival panafricain.

1972 : voyage au Vietnam.

1973 : Réalise des maquettes de billets de banque, d'affiches, de timbres-postes. Entreprend plusieurs expositions à l'étranger.

1978-1979 : séjourne à Moscou.

1980 : Reçoit le "Premier Simba d'Or" (Lion d'or) de Rome, distinction de l'UNESCO.

1983 : Médaille "Gueorgui Dimitrov" pour son exposition à Sofia (Bulgarie).

1985 : Exposition en Tunisie. Malade, il meurt le 1er dec. de la même année.

 

 

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