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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

Le 10 avril 1919, à Cuernavaca, au sud de Mexico, Emiliano Zapata trouve la mort dans un guet-apens tendu par un colonel de l'armée mexicaine qui s'était fait passer pour un ami.

 

En 1909, Emiliano Zapata, paysan illettré d'une trentaine d'années, a soulevé les misérables paysans (ou peones) de l'État de Morelos, à quelques kilomètres au sud de Mexico, contre le vieux dictateur Porfirio Diaz, un métis né en 1830 et au pouvoir depuis 35 ans. L'année suivante, il rallie l'insurrection de Francisco Madero, de même qu'un autre insurgé, Pancho Villa, un métis à la tête des farouches cavaliers des steppes du nord.

 

Une fois au pouvoir, Madero, bourgeois vertueux mais malhabile, conserve les hommes de l'ancien dictateur, n'ose fusiller personne et rechigne à distribuer les terres aux peones, comme Zapata le lui demande.

 

Le révolutionnaire paysan reprend alors les armes contre Madero et ses successeurs, les dictateurs Huerta et Carranza. Solidement établi dans l'État de Morelos, dont Cuernavaca est la capitale, il publie le 25 novembre 1911 le «Plan de Ayala».

 

Ce texte prophétique réclame la restitution aux Indiens d'au moins un tiers des territoires communaux qui leur ont été volés par les grands propriétaires. C'est la première fois depuis... les Gracques qu'est exposée la nécessité d'une réforme agraire!

 

Le 6 décembre 1914, Pancho Villa et Emiliano Zapata entrent triomphalement à Mexico. Le premier est surnommé par ses ennemis le «Centaure du nord», le second, l'«Attila du sud» !

 

Ils sont accompagnés de leurs troupes respectives de cavaliers rutilants et de paysans en haillons. Ces derniers, les zapatistes, se font précéder par l'effigie de la Vierge de Guadalupe, sainte patronne du Mexique. Ils portent aussi en bannière un mot d'ordre voué à une célébrité mondiale, «Tierra y Libertad» (Terre et Liberté).

 

Le retour en force de Carranza oblige Villa à l'exil et va entraîner la mort de Zapata... Le général qui le combat au Morelos humilie en public l'un de ses colonels, qui déserte aussitôt avec ses hommes et feint de fraterniser avec Zapata. Trop confiant, le révolutionnaire l'invite dans son hacienda... Lors du pot d'accueil, les soldats, sous prétexte de présenter les armes, tirent alors à bout portant sur lui.

 

Source : Herodote.net

 

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