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Publié par Saoudi Abdelaziz

Par Saoudi Abdelaziz, 7 novembre 2020

Près de deux années après sa mise en mouvement, le peuple algérien semble avoir perdu de son attrait auprès des plumitifs organiques qui se remettent à bousculer « la populace" comme au bon vieux temps. « Le tyran peut rire, et les favoris, les conseillers du tyran peuvent rire, eux aussi. C'est un mauvais rire. C'est un rire qui précisément n'a pour objet que la tristesse et la communication de la tristesse ». (1)

« Le peuple estomac »

« Dans la forme, les bas résultats du référendum sur la Constitution, par leur taux d'abstention significatif, ont prouvé que la majorité des Algériens ont la tête ailleurs et que les textes à sacraliser sont très loin de leurs préoccupations immédiates. Dans le fond, l'erreur serait de déduire que la large masse populaire s'est dorénavant inscrite dans une farouche opposition contre la marche pénible du pays et qu'elle a totalement tourné le dos aux différentes dispositions que lui a offertes un pouvoir souvent décrié, mais dont elle a profité dans une large mesure. Dans une démarche déraisonnée et entraînante vers le tout gratuit, elle n'a jamais boudé le soutien des prix, ni les logements offerts même s'il lui est arrivé d'obstruer les routes et fermer ou saccager des mairies.
Il faut se l'avouer, ses colères n'étaient pas animées par le désir de voir instaurer une juste gouvernance telle qu'elle est réclamée par la légitime conscience rodée par l'exercice politique, mais se manifestaient surtout par une volonté de partage quel qu'en soit le prix à payer par les générations à venir. La rente a été une aubaine assez perverse pour fructifier une complicité subjective entre gouvernants et gouvernés vers des intérêts communs inscrits dans l'immédiateté.

Abdou Benabbou, Editorialiste du Quotidien d’Oran

« Complice assermenté »

« En vérité, nous ne récoltons que ce que nous avons semé. Nous avons mis les mauvaises graines dans nos jardins potagers, nous avons résilié le serment fait à nos morts, nous continuons de fouler au pied nos monuments, de renier nos saints patrons, de défigurer nos plus belles images, de contester notre génie lorsque nous ne le suspectons pas, d'écouter les charlatans au détriment de nos poètes, de célébrer les opportunistes en vilipendant les meilleurs d'entre nous, de faire allégeance à nos bourreaux d'hier et de crier sur le toit une fierté qui n'est, en réalité, qu'une susceptibilité exacerbée, sans, à aucun moment, le courage de nous regarder en face ne fasse tilt dans notre tête ». (…) Aucun peuple n'est victime, disait un visionnaire, il n'est que le complice assermenté du sort qu'il s'est taillé sur mesure ». Yasmina Khadra, écrivain

(1) L'esclave, le prêtre et le tyran. La trinité de Spinoza

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